Fait à la main, mais efficacement: Comment cette entrepreneure a fait fonctionner l’équation

Même si on fabrique des produits à la main, l’efficacité opérationnelle, l’informatisation et l’automatisation de certains processus sont cruciales

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Client photo of Sarah Laroche from Bain Selve

Sarah Laroche, fondatrice et PDG, SELV.RITUEL

SELV.RITUEL, l’entreprise de fabrication de produits pour le corps de Sarah Laroche, n’avait pas encore deux ans en janvier 2021 lorsque cette dernière a su qu’elle avait été choisie pour participer à l’émission de télévision Dans l’œil du dragon. Le tournage allait se tenir dans moins de trois mois.

«Je venais de vivre un automne occupé avec SELV pour répondre à la demande des Fêtes, mais j’en étais encore à tâter le terrain et mon branding n’était pas beau,» se souvient Sarah Laroche.

Elle devait s’organiser et automatiser certaines tâches. Et surtout, elle devait le faire rapidement.

Du jour au lendemain, elle a décidé d’abandonner sa carrière en photographie, profession qu’elle exerçait depuis plus de 20 ans après des débuts comme styliste, pour se concentrer pleinement sur son entreprise. Grâce à de très bonnes relations dans le secteur du marketing, elle a convaincu son agence de création artistique de réaliser l’identité graphique de l’entreprise en mode urgence.

«J’y avais pensé longtemps, alors j’avais quand même une bonne idée de ce que je voulais et je me suis entourée des meilleurs, raconte-t-elle. J’ai reçu tout le matériel la veille du tournage.»

L’émission a été diffusée le 24 mai 2021 et SELV.RITUEL a vendu 115 000 $ de produits dans les quatre jours qui ont suivi. L’engouement s’est maintenu et l’entreprise devait alors livrer la marchandise.

Mon équipe et moi travaillons très fort, mais je tiens à ce que nous ayons une qualité de vie, du temps pour ne rien faire. Nous finissons à 17 h et les fins de semaine, nous ne travaillons pas. Pour que ce soit possible, nous devons être efficaces.

Réorganiser sa production

Sarah Laroche avait commencé à faire ses mélanges de sels de bain en 2019 avec son mélangeur dans sa cuisine chez elle, à Montréal. Bien que cette production artisanale semblait d’abord être un atout, SELV.RITUEL ne pouvait tout simplement pas répondre à la croissance de la demande sans trouver des façons de produire davantage et plus rapidement. Comme bien des personnes qui se lancent en affaires, elle faisait presque tout elle-même.

«Elle avait ses recettes dans sa tête, ou écrites dans un courriel, alors il a fallu standardiser la fabrication de chaque produit pour faire des fiches de recette pour permettre aux employés de les réaliser», explique Edouard Joron, conseiller en efficacité opérationnelle et en gestion à BDC Services-conseils.

En travaillant avec l’entrepreneure, Edouard Joron a cartographié l’ensemble des processus nécessaires à la création d’un produit afin de documenter comment était créé un produit et de standardiser chaque étape.

En plus de permettre de rapidement repérer des améliorations à apporter au processus, cet exercice a aussi permis à Sarah Laroche d’embaucher 11 personnes en quelques mois. Elle a d’ailleurs dû créer tout un système de gestion des ressources humaines avec l’aide de son conseiller.

Le mélangeur de cuisine a également été remplacé par un mélangeur à béton. «La capacité de production de SELV.RITUEL a bondi d’un coup grâce à ce changement», ajoute Edouard Joron.

variety of selve bath products

Repenser l’espace

Comme SELV.RITUEL était en pleine croissance, elle a dû déménager dans un local plus grand. «Il a vraiment fallu organiser l’espace pour placer les différentes matières premières et les équipements selon leur utilisation, indique M.Edouard Joron. Cette organisation évitait bien des déplacements inutiles. Elle facilitait aussi grandement la réalisation de l’inventaire, parce qu’on savait maintenant où était quoi.»

L’espace d’entreposage est maintenant séparé avec un endroit pour les matières brutes, celles en cours de transformation et les produits prêts à livrer.

Cette réorganisation a permis non seulement de fabriquer tous les produits nécessaires pour livrer les commandes, mais aussi, de créer des stocks pour environ deux mois de ventes. Ainsi, l’entreprise peut répondre à la demande plus rapidement.

Informatiser et automatiser

SELV.RITUEL a aussi commencé à utiliser un logiciel de gestion pour faire le suivi de ses stocks. «Nous comptons encore nos quantités à la main, puis nous entrons le résultat dans le logiciel, indique Sarah Laroche. Nous voulons bientôt commencer à utiliser le code-barres pour automatiser le suivi de tout ce qui entre et qui sort.»

«L’objectif, c’est que la gestion des stocks nécessite le moins d’humains possible», indique Edouard Joron.

Ainsi, SELV.RITUEL pourra profiter pleinement des compétences de son personnel dans des tâches plus stratégiques. «Pour moi, l’efficacité organisationnelle, c’est ce qui fait toute la différence dans la croissance, indique Sarah Laroche. Mon équipe et moi travaillons très fort, mais je tiens à ce que nous ayons une qualité de vie, du temps pour ne rien faire. Nous finissons à 17 h et les fins de semaine, nous ne travaillons pas. Pour que ce soit possible, nous devons être efficaces.»

Sarah Laroche of Bain Selve showing a product to customers

Aller chercher du soutien

Si ces décisions apparaissent évidentes maintenant que SELV.RITUEL est de plus en plus organisée, il y a eu des moments où l’entrepreneure se posait énormément de questions. «Edouard m’a sauvé la vie plusieurs fois, il m’a toujours dirigé vers les meilleures décisions et s’il n’avait pas été là pour m’aider à m’organiser, je n’y serais jamais arrivée», affirme Sarah Laroche.

«C’est certain que lorsqu’une personne lance une entreprise pour la première fois, elle se sent un peu perdue, surtout lorsque le succès est rapidement au rendez-vous, indique Edouard Joron. Il faut qu’elle puisse discuter de ses enjeux avec un réseau de professionnels et aussi, avec d’autres entrepreneurs et entrepreneures.»

Même si la croissance de SELV.RITUEL s’est accentuée depuis le début de 2021, l’équipe continue à rêver grand. «Nous visons une présence mondiale et ce n’est pas uniquement pour une question d’argent, affirme Sarah Laroche, mais pour toutes les possibilités que ces moyens nous donneront.»