De soloentrepreneure à une marque nationale
Patrice Mousseau était en congé de maternité en 2013 lorsque de l’eczéma a été diagnostiqué à sa fille Esme, lui provoquant des démangeaisons au niveau des bras et des jambes. Désirant trouver une alternative naturelle aux crèmes topiques aux stéroïdes prescrites par son médecin, cette mère pleine de ressources a décidé de fabriquer sa propre crème.
Sans se laisser décourager par la tâche d’élaboration d’une formule pour son produit en partant de zéro, elle a commencé par se plonger dans les recherches médicales et les études universitaires. Après avoir travaillé pendant des années comme journaliste, elle avait de solides compétences en enquête qui lui ont donné l’assurance nécessaire pour se charger de cette tâche.
Elle a ainsi inventé une crème non toxique et sans parfum appuyée par la recherche scientifique. Mousseau a mélangé la première fournée dans une mijoteuse. Fabriqué à partir de nombreux ingrédients, dont du calendula et de l’huile d’amande, le baume était totalement naturel.
Mais surtout, il a eu l’effet escompté: il a permis la cicatrisation de la peau de sa fille en deux jours.
Comme Mme Mousseau avait des restes, elle a offert la crème à ses contacts sur Facebook. Et le succès a été immédiat. La demande était si forte dès le début qu’elle a dû préparer trois autres fournées. Une entreprise venait de naître.
Selon une étude réalisée par BDC en 2026, jusqu’à 11 % des travailleuses et travailleurs autonomes au Canada prévoient réaliser leur première embauche au cours de la prochaine année, ce qui contribuera à la création de 213 000 nouvelles entreprises, permettant ainsi de compenser le taux normal de fermeture annuelle des microentreprises au pays.
Ça n’a jamais été un travail d’appoint. Satya nous a soutenues, ma fille et moi, dès le début, parce que les ventes ont d’emblée rapidement augmenté.
Patrice Mousseau
Fondatrice et cheffe de la direction, Satya Organic
Sous tous les aspects, Satya Organic est désormais une entreprise prospère. Ses produits sont vendus dans 3 000 magasins situés dans tout le pays, en plus de servir une clientèle partout dans le monde. L’entreprise de soins de la peau de la Colombie-Britannique a obtenu la certification B Corp.
BDC a soutenu sa croissance grâce à du financement pour simplifier les flux de trésorerie et l’achat de stocks.
Mais le chemin n’a pas toujours été simple. Mme Mousseau, qui est membre de la Première Nation de Fort William, est la première à reconnaître que le passage de travailleuse indépendante à entrepreneure a représenté un défi de taille.
Le bon produit pour le bon marché
Satya Organic se démarque des autres entreprises dans la mesure où ce n’était pas un projet mené en parallèle avec un travail à temps plein. «Ça n’a jamais été un travail d’appoint», explique Patrice Mousseau. «Satya nous a soutenues, ma fille et moi, dès le début, parce que les ventes ont d’emblée rapidement augmenté.»
Cette croissance rapide s’explique en partie par l’efficacité de la crème. Patrice Mousseau reconnaît toutefois que la demande sous-jacente était déjà forte.
«D’une certaine façon, il a été facile de gagner du terrain parce que Satya traite une maladie qui touche 20 % de la population et qu’il y a peu d’alternatives naturelles aux crèmes aux stéroïdes sur le marché.»
Autrement dit, Patrice Mousseau a trouvé dès le début le bon produit pour le bon marché.
En tant que propriétaire d’entreprise, le plus important est de trouver les bonnes personnes.
Patrice Mousseau
Fondatrice et cheffe de la direction, Satya Organic
Embaucher pour répondre à la demande
Au début, Patrice Mousseau faisait tout elle-même, de l’expédition au marketing en passant par la production. Elle a commencé à vendre son produit à l’automne 2013 dans les marchés agricoles. Le premier jour, elle a gagné 110 $.
Mais tout a rapidement évolué. Au bout d’un an seulement, Patrice Mousseau ne parvenait plus à tout gérer toute seule. C’est à ce moment-là qu’elle a embauché ses deux premiers membres du personnel.
«Pendant longtemps, j’ai fabriqué mon produit la nuit une fois que ma fille était couchée. Mais à ce moment-là, j’avais besoin de soutien, j’ai donc embauché deux mères au foyer par l’intermédiaire de Facebook pour m’aider à expédier les produits.»
Pour des questions réglementaires, elle a décidé de collaborer avec des consultantes et consultants externes plutôt que d’embaucher du personnel en interne.
Seulement voilà, passer le relais à une autre personne pour une partie de son entreprise représentait une toute nouvelle étape. Patrice Mousseau a dû apprendre comment y parvenir. Sa première leçon: il est toujours préférable qu’une autre personne apporte son aide lors du processus d’embauche.
Selon Patrice Mousseau: «J’aime les gens et je vois ce qu’il y a de mieux en eux, donc j’ai rapidement découvert l’intérêt d’avoir une autre personne qui donne un point de vue différent.»
Une fois le choix fait, toutefois, elle n’a jamais eu de difficulté à faire confiance à son équipe. «Les premières personnes que j’ai embauchées étaient rigoureuses et compétentes, alors je savais que je pouvais leur faire confiance. Et c’est la leçon à tirer, je pense, lorsque vous passez du travail autonome à l’entrepreneuriat. En tant que propriétaire d’entreprise, le plus important est de trouver les bonnes personnes.»
Trouver un groupe de soutien
Le passage d’une entreprise individuelle à une entreprise employant du personnel représente de nombreux défis. Pour alléger la pression, il peut être utile de communiquer avec un groupe d’entrepreneures et d’entrepreneurs aux vues similaires afin de discuter de votre situation, de partager des expériences et d’échanger des conseils.
Pour Patrice Mousseau, ce groupe s’appelait Coralus (anciennement SheEO). Créer des liens avec des femmes de différents horizons qui cherchent du soutien, des fonds et de nouvelles façons de penser lui a permis de sentir qu’elle faisait partie d’une communauté entrepreneuriale.
«D’une certaine façon, c’est une famille», explique-t-elle. «Pour moi, la valeur de cette communauté résidait dans le fait d’avoir quelqu’un qui comprenait ce que je traversais et de savoir que d’autres personnes suivent un chemin semblable, prêtes à offrir leur point de vue sur ce nouveau parcours.»
Prochaine étape
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