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Déboulonner le mythe de l’ambition des entrepreneurs

Temps de lecture: 5 minutes

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Certaines personnes pourraient croire que les propriétaires de petites entreprises se lancent en affaires uniquement pour ne pas avoir à faire face à un patron; qu’ils passent leur été à la campagne et que leur entreprise demeure petite parce qu’ils n’ont tout simplement pas l’ambition de croître.

Selon un nouveau sondage de BDC mené auprès de 865 entrepreneurs et décideurs canadiens, cette image fictive du propriétaire de petite entreprise «oisif» n’est qu’un mythe. Le sondage fournit également des renseignements sur les principaux défis auxquels font face les entrepreneurs canadiens, ainsi que quelques solutions potentielles.

Presque tous les entrepreneurs sont ambitieux

Lorsque mon équipe et moi avons lancé ce projet, nous pensions que l’ambition était corrélée à la taille de l’entreprise. On s’attend après tout à ce que les entrepreneurs plus ambitieux bâtissent et dirigent de plus grandes entreprises. Nous avons plutôt découvert que presque tous les entrepreneurs sont ambitieux et qu’ils:

  • sont prêts à faire des sacrifices personnels pour assurer la croissance de leur entreprise;
  • prennent constamment des risques pour investir dans de nouvelles occasions.

Lorsque nous avons combiné leurs réponses pour évaluer leur niveau d’ambition, voici ce que nous avons découvert:

Seulement 6 % des entrepreneurs ont peu d’ambition

32 % ont beaucoup d’ambition

Les propriétaires de petites entreprises sont tout aussi ambitieux que ceux de grandes entreprises

On pourrait penser que les personnes qui démarrent une petite entreprise et qui ne la font pas croître manquent d’ambition. Or, nous avons constaté que les entrepreneurs ont beaucoup d’ambition, et ce, peu importe la taille de leur entreprise.

À mon avis, c’est peut-être parce que les entrepreneurs ont un état d’esprit différent dès le départ. Il faut beaucoup de courage et d’ambition pour démarrer une entreprise. J’irais même jusqu’à dire que si nous devions comparer le niveau d’ambition des entrepreneurs à celui des employés salariés, nous constaterions qu’il est sans doute plus élevé, en moyenne, chez les entrepreneurs.

Les petites entreprises n’ont souvent pas les moyens nécessaires pour réaliser leurs ambitions

Notre sondage interrogeait les entrepreneurs sur leurs intentions en matière de financement et leur recours au financement au cours des deux dernières années. Nous avons relevé que les plus grandes entreprises utilisent davantage les services financiers, ainsi que les services-conseils.

41 % de l’ensemble des entreprises ont utilisé un prêt à terme dans les deux dernières années

24 % ont fait appel à des services-conseils durant la même période

Cependant, lorsque nous avons examiné les produits financiers ou les services-conseils que les entrepreneurs prévoyaient utiliser au cours des deux prochaines années, nous avons pu voir qu’il n’y avait que quelques différences entre les entreprises de différentes tailles.

Comment pouvons-nous expliquer ces résultats? Je dirais que les entrepreneurs tirent probablement parti des occasions qui leur sont offertes. Dans ce cas particulier, les plus grandes entreprises sont les premières à en profiter. Les banquiers sont plus susceptibles de vous proposer un prêt s’ils savent que vous êtes plus solide et que vous avez plus de garanties à leur offrir.

Des observations empiriques nous indiquent que les grandes entreprises n’ont pas nécessairement plus d’ambition, mais qu’elles ont plus de chances de concrétiser leurs occasions parce qu’elles ont une meilleure capacité à investir et à mener à bien leurs projets.

Les entrepreneurs sont de plus en plus ouverts au financement en ligne

Quelle que soit la taille de l’entreprise, nous observons un changement de mentalité chez les entrepreneurs, qui sont plus disposés à faire appel au financement en ligne.

Auparavant, les propriétaires d’entreprise étaient plutôt fermés aux nouvelles tendances technologiques, qui comptaient notamment le financement en ligne. Cette mentalité commence à changer. Plus des deux tiers des entrepreneurs sont maintenant prêts à faire une demande de financement en ligne.

Près de 70 % des entrepreneurs sont ouverts à l’idée de faire une demande de financement en ligne

Au début, le financement en ligne était très axé sur le consommateur. Maintenant, comme pour de nombreux autres secteurs de l’économie, nous pouvons observer qu’il s’ouvre davantage aux entreprises.

La hiérarchie de Maslow appliquée aux besoins des entreprises

Nous avons interrogé les entrepreneurs sur les principaux défis qu’ils doivent relever pour saisir des occasions.

Ce qu’il faut retenir, à mon avis, c’est que les défis des petites entreprises concernent essentiellement l’argent. Évidemment, l’accès au financement est moins problématique si vous avez des garanties à offrir. Plus une banque vous trouve intéressant, plus elle vous approchera proactivement pour vous offrir de l’argent.

Lorsqu’une entreprise croît, elle commence à avoir des préoccupations plus stratégiques, comme le recrutement de travailleurs qualifiés, l’amélioration de sa capacité opérationnelle et l’accès à des personnes dignes de confiance à qui elle peut déléguer du travail.

En gros, cela s’apparente à la hiérarchie des besoins de Maslow, mais pour une entreprise. Lorsque vous vous lancez en affaires, votre priorité est simplement de survivre et d’obtenir l’argent dont vous avez besoin. Avec le temps, les besoins changent et les entrepreneurs commencent à réfléchir aux moyens de franchir les prochaines étapes de leur parcours. Ils deviennent financièrement plus solides et, par conséquent, leurs besoins se complexifient et ne se limitent plus à l’argent.

Un autre signe que les pénuries de main-d’œuvre sont bien réelles

Une dernière chose qui ressort clairement de ce sondage selon moi est la récurrence des pénuries de main-d’œuvre qui affectent les entreprises canadiennes.

41 % des entrepreneurs ont indiqué que le manque de travailleurs qualifiés les empêchait de saisir des occasions

54 % ont répondu que l’embauche d’employés hautement qualifiés était une solution efficace à leurs problèmes

Tout ce qui s’est produit au cours de la dernière année dénote l’existence de pénuries de main-d’œuvre. Nous constatons que tous les types d’entreprises, dans chaque secteur et chaque région, ont actuellement de la difficulté à recruter des employés.

À mon avis, ces résultats se traduiront par un changement d’attitude à l’égard du recrutement, des salaires, etc. Les entrepreneurs qui veulent en savoir plus sur ces enjeux peuvent lire notre étude: Le manque de travailleurs au Canada et comment les entrepreneurs peuvent y répondre.

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