Étude | Par Lily Alameh, économiste, BDC Les occasions à venir: un moment décisif pour les entreprises canadiennes

Le Canada pourrait attirer plus de 670 milliards de dollars d’investissements supplémentaires d’ici 2030. Ces investissements pourraient générer environ 443 milliards de dollars d’activité économique additionnelle pour les PME grâce aux chaînes d’approvisionnement qui soutiennent ces projets. Ils pourraient aussi favoriser la croissance économique à long terme.

Le Canada entre dans une période de grands investissements. Des projets majeurs sont prévus dans les secteurs de la défense, du logement et des infrastructures, de l’énergie, de l’exploitation minière, du gaz naturel et de l’intelligence artificielle (IA). Ces projets pourraient renforcer les chaînes d’approvisionnement, créer de nouvelles occasions d’affaires partout au pays et contribuer à façonner l’avenir économique du Canada.

Pour mieux comprendre l’ampleur de cette occasion, BDC a mené une étude s’appuyant sur les calculs du Transition Accelerator. BDC a évalué les retombées économiques potentielles et sondé 1 000 petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes:

  • 750 entreprises qui participent déjà à des projets majeurs;
  • 250 entreprises qui n’y participent pas encore, mais qui souhaitent le faire.

Faits saillants

  • Le Canada pourrait attirer 670,6 milliards de dollars d’investissements supplémentaires entre 2026 et 2030 dans cinq secteurs clés: la défense, le logement et les infrastructures, l’énergie, l’exploitation minière et le gaz naturel, ainsi que les centres de données d’IA.
  • D’ici 2030, ces investissements pourraient faire augmenter le PIB réel de 4,1 % par rapport au scénario de référence et générer environ 443 milliards de dollars additionnels d’activité économique cumulée entre 2026 et 2030, soit plus de 10 000 $ par personne au Canada.
  • On estime qu’environ 280 000 entreprises canadiennes pourraient être directement touchées par ces investissements. Les secteurs qui devraient connaître la plus forte croissance sont la construction, l’exploitation minière, la fabrication, les services professionnels et le commerce de gros.
  • De nombreuses PME participent déjà à des projets majeurs. Celles qui y prennent part sont généralement plus grandes, croissent plus rapidement et sont davantage axées sur la croissance.
  • Les deux tiers des PME participantes prévoient accroître leur participation aux projets majeurs au cours des 24 prochains mois, ce qui témoigne de leur confiance envers les occasions à venir.
  • La plupart des PME estiment avoir la capacité d’accepter davantage de mandats, mais elles se heurtent encore à plusieurs obstacles, notamment l’accès au financement, les problèmes de trésorerie, la complexité des processus d’approvisionnement, la pénurie de main-d’œuvre et le manque d’information sur les occasions offertes.
  • Les entreprises qui ne participent pas encore à des projets majeurs font face à plusieurs défis, notamment les contraintes financières, l’exposition aux risques, la complexité des exigences d’approvisionnement et la difficulté à repérer les occasions d’affaires et les partenaires potentiels.
  • Pour maximiser les retombées économiques des projets majeurs au Canada, il sera essentiel d’aider un plus grand nombre de PME à y participer. Cela nécessitera un meilleur accès au financement, une information plus claire, des partenariats plus solides et des processus d’approvisionnement plus accessibles.

Une vague d’investissements se profile à l’horizon

Le portefeuille de projets majeurs du Canada prend forme dans un contexte de priorités gouvernementales changeantes et de demande mondiale en hausse. Les engagements du gouvernement fédéral en matière de défense, de logement, d’infrastructures, d’exploitation des ressources et de souveraineté économique devraient stimuler la réalisation de projets majeurs au cours des prochaines années. Parallèlement, la hausse des dépenses en défense chez les alliés du Canada, ainsi que la demande croissante de minéraux critiques, d’énergie et de technologies propres, créent un nouvel élan.

Le gouvernement du Canada a annoncé d’importants investissements dans cinq secteurs clés, chacun offrant des occasions importantes aux entreprises canadiennes:

  • Défense: L’engagement du Canada à porter ses dépenses en défense à 5 % du PIB d’ici 2035 devrait générer une importante activité économique.
  • Logement et infrastructures civiles: Des investissements sont nécessaires pour augmenter l’offre de logements, améliorer leur accessibilité financière et moderniser les infrastructures vieillissantes.
  • Énergie: Les réseaux énergétiques sont en expansion et en modernisation pour soutenir l’électrification et répondre à la demande croissante de secteurs émergents comme l’IA. D’importants investissements sont aussi prévus dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et l’énergie nucléaire.
  • Exploitation minière: Les ressources canadiennes en minéraux critiques pourraient aider à répondre à la demande mondiale croissante des secteurs des technologies propres et de la fabrication avancée.
  • Centres de données d’IA: Les investissements dans les centres de données pourraient aider le Canada à se doter d’infrastructures souveraines et sécurisées pour stocker et traiter les données.

Ensemble, ces secteurs forment un portefeuille de projets majeurs qui pourrait transformer certaines parties de l’économie canadienne. La section suivante présente l’ampleur de ces investissements et leurs retombées économiques potentielles.

Les projets majeurs pourraient stimuler l’économie canadienne

Selon le Transition Accelerator, les projets majeurs prévus pourraient générer 670,6 milliards de dollars d’investissements supplémentaires au Canada entre 2026 et 2030 (graphique 1). L’équipe Recherche économique de BDC a utilisé cette estimation pour modéliser les retombées potentielles sur l’économie canadienne. Cette estimation repose sur une comparaison entre un calendrier détaillé des projets prévus et les prévisions de référence de 2024 concernant les investissements dans les projets majeurs.

Nos simulations montrent que ces investissements supplémentaires pourraient faire augmenter le PIB réel du Canada de 4,1 % par rapport au scénario de référence d’ici 2030. Une grande partie de cette activité passerait par les chaînes d’approvisionnement qui soutiennent ces projets, créant ainsi d’importantes occasions pour les PME canadiennes. Entre 2026 et 2030, elle pourrait générer 443 milliards de dollars additionnels d’activité économique cumulée, soit plus de 10 000 $ par personne au Canada, selon les projections démographiques de Statistique Canada.

Pour réaliser ce potentiel, il faudra toutefois créer les conditions qui permettront aux entreprises de saisir ces occasions et de prendre de l’expansion. Cela passe notamment par:

  • un meilleur accès au financement;
  • la réduction des obstacles à la réalisation des projets;
  • l’accélération des approbations réglementaires;
  • l’augmentation de la capacité des infrastructures;
  • le développement d’une main-d’œuvre qualifiée;
  • un accès plus facile à l’information sur les occasions d’affaires.

Graphique 1: Investissements supplémentaires estimés dans les cinq secteurs clés (G$)

Source: BDC, à partir des calculs du Transition Accelerator, juin 2026.

Les investissements dans les projets majeurs auront des effets différents selon les secteurs

Les retombées économiques de ces investissements varieront d’un secteur à l’autre. Le secteur de la construction devrait connaître la plus forte croissance, avec une hausse de 20 % par rapport au scénario de référence. Cela n’est pas surprenant, puisque de nombreux projets prévus nécessiteront la construction de nouvelles infrastructures ou la modernisation d’infrastructures existantes.

Les retombées ne se limiteront pas au secteur de la construction. Les activités minières, l’extraction en carrière ainsi que l’extraction pétrolière et gazière devraient enregistrer la deuxième plus forte croissance, soit 7 % de plus que dans le scénario de référence. Les secteurs de la fabrication, des services professionnels, scientifiques et techniques, ainsi que du commerce de gros devraient également profiter de gains importants (graphique 2).

Les dépenses en défense illustrent bien comment les projets majeurs peuvent créer des occasions dans plusieurs secteurs. Alors que 28 % des dépenses prévues en défense devraient être consacrées aux infrastructures, 40 % devraient servir à l’achat de machines et d’équipement. Cela créera des occasions directes pour les entreprises spécialisées en fabrication de pointe.

Les PME sont bien placées pour contribuer à cet effort. Elles sont actives dans les secteurs de la construction, de la fabrication, des services professionnels, du transport et dans de nombreux autres secteurs liés à ces importants projets d’investissement.

Graphique 2: Effet sur la croissance du PIB par rapport au scénario de référence, selon le secteur d’activité, 2026-2030

Source: BDC, à partir des calculs d’Oxford Economics et du Transition Accelerator, juin 2026.

Le bon positionnement est essentiel pour tirer profit des projets majeurs

On estime qu’environ 280 000 entreprises canadiennes pourraient être directement touchées par ces investissements. Toutefois, certaines sont mieux placées que d’autres pour profiter de cette croissance. Comprendre leurs caractéristiques permet de voir quelles entreprises sont les plus susceptibles d’accroître leur participation et où un soutien supplémentaire pourrait être nécessaire.

Les PME qui participent à des projets majeurs sont généralement plus grandes et en croissance plus rapide

Les PME qui participent à des projets majeurs ont tendance à être plus grandes et à croître plus rapidement que les autres entreprises. Elles sont particulièrement présentes dans les secteurs primaires, les technologies, la construction et la fabrication. Leur rôle varie souvent selon leur secteur d’activité. Par exemple, les entreprises de construction dirigent fréquemment les projets, les entreprises technologiques fournissent souvent des services professionnels ou techniques et les détaillants approvisionnent les projets en biens.

Nous avons identifié deux groupes de PME actuellement impliquées dans des projets majeurs:

  • PME fortement impliquées: plus de 50 % de leurs revenus proviennent de projets majeurs;
  • PME faiblement impliquées: moins de 24 % de leurs revenus proviennent de projets majeurs.

PME fortement impliquées

Les PME fortement impliquées sont généralement plus grandes: près de la moitié (44 %) emploient plus de 100 personnes. Elles sont surtout présentes dans les secteurs de la construction (28 %), des technologies et des services d’information (18 %) et de la fabrication (11 %). Elles sont aussi plus susceptibles de jouer un rôle de premier plan dans des projets de grande envergure, notamment des projets immobiliers et des installations industrielles.

Ces entreprises affichent aussi une forte croissance. Plus de la moitié ont augmenté leurs revenus d’au moins 10 %. Elles démontrent aussi une forte volonté de croissance: 85 % ont investi, ou prévoient investir, des ressources importantes dans des initiatives axées sur la croissance.

PME faiblement impliquées

Les PME faiblement impliquées sont généralement plus petites: près de la moitié (48 %) emploient moins de 20 personnes. Elles sont surtout présentes dans le commerce de détail (14 %), la fabrication (10 %) et la construction (13 %). Elles sont également actives dans le transport et l’entreposage (5 %) ainsi que dans l’hébergement et les services de restauration (8 %).

La plupart des PME faiblement impliquées ont également enregistré une croissance de leurs revenus, mais celle-ci est généralement plus modeste. Près de neuf entreprises sur 10 ont connu une croissance inférieure à 10 %, tandis que 14 % ont atteint une croissance d’au moins 10 %. Malgré leur participation plus limitée, ces entreprises démontrent elles aussi une volonté de croissance: 78 % ont investi, ou prévoient investir, des ressources importantes dans des initiatives axées sur la croissance.

Les deux groupes diffèrent par leur taille, leur croissance et les types de mandats qu’ils acceptent. Leur degré de participation semble influencer à la fois les rôles qu’ils jouent (graphique 3) et les types de projets auxquels ils participent (graphique 4). Les écarts les plus importants concernent les rôles de premier plan et la participation aux projets liés à l’énergie et aux infrastructures. Malgré ces différences, les deux groupes démontrent une volonté de croissance.

Graphique 3: Rôles des PME dans les projets majeurs, selon le degré de participation

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 639 à 745.

Graphique 4: Types de projets majeurs auxquels les PME participent, selon le degré de participation

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 634 à 740.
Les réponses «Je ne sais pas» ont été exclues.

Les entreprises participantes veulent en faire davantage

Les entreprises sondées qui participent déjà à des projets majeurs semblent plus enthousiastes que prudentes à l’idée d’accepter davantage de mandats. La plupart s’attendent à accroître leur participation au cours des prochaines années, ce qui laisse croire qu’elles voient de nouvelles occasions dans le portefeuille grandissant de projets du Canada.

Près des deux tiers prévoient accroître leur participation au cours des 24 prochains mois. Cette proportion est la plus élevée parmi les entreprises à forte croissance (88 %), les entreprises des technologies et des secteurs primaires (77 %) ainsi que les jeunes propriétaires d’entreprise (71 %).

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 634 à 738.

Les intentions varient aussi selon le degré de participation actuel. Les entreprises fortement impliquées semblent plus optimistes et plus proactives dans leurs projets d’expansion. Puisqu’au moins la moitié de leurs revenus proviennent de projets majeurs, 38 % s’attendent à accroître considérablement leur participation au cours des 24 prochains mois. Les PME faiblement impliquées souhaitent elles aussi croître, mais leurs attentes sont plus modestes: 42 % prévoient accroître légèrement leur participation (graphique 5).

Graphique 5: Intention des PME d’accroître leur participation, selon le degré de participation

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 634 à 738.

Les entreprises qui participent à des projets majeurs font face à des défis importants

Les entreprises qui participent à des projets majeurs doivent composer avec plusieurs défis (graphique 6). Les plus fréquents sont liés à la complexité des processus d’approvisionnement et aux pressions financières, notamment:

  • la pression liée aux appels d’offres concurrentiels;
  • des modalités de paiement défavorables;
  • l’incertitude entourant la portée des projets;
  • des conditions contractuelles qui rendent les projets moins attrayants.

Ces défis varient légèrement selon le degré de participation. Les processus administratifs et d’approvisionnement complexes constituent un obstacle plus important pour les PME fortement impliquées, tandis que les problèmes de trésorerie sont plus fréquents chez les PME faiblement impliquées.

Les défis varient aussi selon le type de projet. Parmi les PME qui participent à des projets commerciaux, résidentiels ou institutionnels de grande envergure, 33 % indiquent avoir de la difficulté à coordonner leurs activités avec les maîtres d’ouvrage ou les entreprises contractantes. Par ailleurs, 32 % des entreprises impliquées dans des projets d’infrastructures numériques ou technologiques mentionnent des défis liés à la complexité des exigences administratives, techniques ou réglementaires.

Graphique 6: Principaux défis auxquels font face les PME participant à des projets majeurs, selon leur degré de participation

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 639 à 747. 
Les personnes ayant répondu «Je ne sais pas» ont été exclues de l’analyse.

Même si les défis et les limites de capacité peuvent compliquer la gestion des projets majeurs, les PME fortement impliquées semblent bien outillées pour évoluer dans cet environnement. Une forte majorité des PME (90 %) sont ouvertes aux partenariats, qu’elles aient déjà collaboré ou non avec d’autres entreprises dans le cadre de projets majeurs.

De plus, près des deux tiers (63 %) poursuivraient un projet même s’il devenait trop complexe à gérer, ce qui témoigne de leur détermination à réussir.

Réduire les obstacles est essentiel pour accroître la participation des PME aux projets majeurs

Les PME pourraient en faire davantage

La plupart des PME affirment avoir la capacité de participer à un plus grand nombre de projets, peu importe leur niveau actuel d’implication. Toutefois, cette capacité varie d’un groupe à l’autre (graphique 7). Parmi les PME fortement impliquées, 38 % estiment pouvoir accroître leur participation sans difficulté, comparativement à 21 % des PME faiblement impliquées.

Même si la plupart des entreprises ont une certaine marge de manœuvre pour augmenter leur participation, plusieurs prévoient le faire progressivement. Parmi les PME qui s’attendent à participer davantage à des projets majeurs, 54 % indiquent qu’elles ne pourraient accroître leur participation que dans une mesure limitée. Les PME faiblement impliquées semblent faire face à plus de contraintes: 20 % affirment qu’elles auraient besoin de changements importants ou d’un soutien supplémentaire pour accroître leur participation, ou qu’elles ne pourraient accepter aucun autre projet majeur.

Graphique 7: Capacité des PME à participer davantage à des projets majeurs, selon leur degré de participation

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 727 à 990.

Répondre à la demande exigera que les PME augmentent leur capacité

Pour tirer pleinement parti du portefeuille de projets majeurs du Canada, il faudra augmenter considérablement la capacité de production du pays. Selon notre analyse, environ 580 000 travailleuses et travailleurs seront nécessaires d’ici 2030 pour répondre à la demande prévue, dont une grande partie dans le secteur de la construction (graphique 8). Cela dépasse largement la croissance attendue de la population active canadienne au cours de la même période.

Le Canada a déjà réussi à répondre à des besoins semblables lors de périodes antérieures d’investissements majeurs dans les infrastructures. Au début des années 2000, par exemple, l’emploi dans le secteur de la construction a augmenté de plus de 5 % par année pendant quatre années consécutives. Toutefois, le contexte actuel est différent. La population canadienne vieillit, la croissance de la population active ralentit et le secteur de la construction fait déjà face à une pénurie de main-d’œuvre. Augmenter le nombre de travailleuses et travailleurs ne suffira pas à lui seul.

Pour profiter pleinement de cette occasion économique, le Canada devra aussi investir dans des mesures qui aideront les entreprises à produire davantage, notamment:

  • l’automatisation;
  • les technologies numériques;
  • l’équipement de pointe;
  • l’amélioration des processus;
  • une meilleure collaboration au sein des chaînes d’approvisionnement.

Accroître la productivité de la main-d’œuvre sera essentiel.

Les PME qui participent déjà à des projets majeurs sont conscientes de ces limites. Pour accroître leur capacité, elles indiquent avoir besoin de personnel possédant des compétences spécialisées, ainsi que d’équipement, de sous-traitants et de ressources internes supplémentaires.

Graphique 8: Croissance de l’emploi nécessaire pour répondre à la demande liée aux projets majeurs, 2000-2030

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026.

Plusieurs mesures pourraient accroître la participation des PME

Lorsqu’on leur demande quelles organisations pourraient améliorer leur accès aux occasions liées aux projets majeurs, les répondants mentionnent le plus souvent les institutions financières (44 %) et les organismes publics (40 %). Les entreprises manufacturières sont particulièrement susceptibles de se tourner vers les institutions financières, tandis que les entreprises de plus grande taille souhaitent voir les gouvernements jouer un rôle plus actif.

Les PME déjà impliquées dans des projets majeurs ont également identifié plusieurs mesures qui pourraient les aider à accroître leur participation, ce qui permet de mieux comprendre les interventions nécessaires (graphique 9).

Les PME fortement impliquées accordent davantage d’importance à la réduction des exigences financières ou des exigences liées au cautionnement (32 %) ainsi qu’à des échéanciers plus courts et plus prévisibles (30 %). Cela reflète les défis opérationnels et financiers auxquels font face les entreprises déjà actives dans les projets majeurs.

Les PME faiblement impliquées sont plus susceptibles de réclamer un accompagnement ciblé ou du mentorat (32 %), ainsi que la division des grands contrats en lots plus petits (21 %). Cela laisse entendre qu’elles se heurtent davantage à des obstacles liés aux connaissances, aux capacités et à l’accès aux occasions d’affaires.

Les deux groupes s’entendent sur certains besoins prioritaires. Un meilleur accès à l’information (34 %) et des exigences financières ou de cautionnement moins élevées figurent parmi les mesures jugées les plus importantes. Cela suggère que ces obstacles sont largement partagés, peu importe le degré actuel de participation des PME aux projets majeurs.

Graphique 9: Principaux facteurs empêchant les PME intéressées de participer à un projet majeur

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 723 à 982. 
Les personnes ayant répondu «Je ne sais pas» ont été exclues de l’analyse.

Réduire les obstacles pourrait aider les PME intéressées à participer aux projets majeurs

Les PME qui s’intéressent aux projets majeurs sans y participer actuellement ont tendance à être de plus petite taille. Plus du tiers d’entre elles (37 %) emploient d’une à quatre personnes. Elles sont principalement présentes dans les secteurs de la construction, du commerce de détail et des services professionnels. La plupart sont rentables, mais leur croissance des revenus demeure modeste: 79 % ont enregistré une croissance inférieure à 10 % au cours des dernières années.

Les contraintes financières constituent le principal obstacle pour ces entreprises. Près de la moitié (44 %) mentionnent des défis liés aux coûts initiaux, aux besoins de trésorerie et aux risques financiers. Cette préoccupation est encore plus marquée chez les entreprises de plus grande taille, où 63 % considèrent ces facteurs comme un frein à leur participation. D’autres défis fréquents comprennent l’exposition aux risques ainsi que la difficulté à trouver des partenaires ou des occasions de projet qui leur conviennent (graphique 10).

Les obstacles varient aussi selon le secteur d’activité. Dans le secteur de la construction, 41 % des entreprises indiquent que les processus complexes d’approvisionnement et de passation de contrats constituent leur principal défi. Dans le secteur du transport, une entreprise sur deux (50 %) affirme que son plus grand obstacle est de repérer les occasions de projets ou les bons partenaires.

Même si les contraintes financières demeurent l’obstacle le plus important, les entreprises sondées ont identifié plusieurs mesures qui pourraient faciliter leur participation aux projets majeurs. Le besoin le plus souvent mentionné est un meilleur accès à l’information sur les occasions à venir (37 %). De nombreuses entreprises soulignent également que la division des grands contrats en lots plus petits ou en sous-contrats (34 %) les aiderait à participer davantage. Cette approche rendrait les projets majeurs plus accessibles aux entreprises ayant moins d’expérience ou des ressources plus limitées.

Graphique 10: Mesures pouvant accroître la participation aux projets majeurs, selon les PME participantes

Source: BDC, Sondage sur la participation des PME aux projets majeurs, juin 2026, n = 244. 
Les personnes ayant répondu «Je ne sais pas» ont été exclues de l’analyse.

Conclusion

Le portefeuille de projets majeurs du Canada représente une importante source de croissance économique pour les PME partout au pays. De nombreuses entreprises sont prêtes à en faire davantage. D’autres souhaitent activement prendre part à ces projets.

Toutefois, le Canada doit agir dès maintenant pour réaliser pleinement le potentiel de ces investissements. Les entreprises devront accroître leur capacité et améliorer leur productivité. Les gouvernements, les institutions financières et les promoteurs de projets devront également travailler ensemble pour réduire les obstacles et multiplier les occasions permettant aux PME de participer.

Méthodologie

Un sondage en ligne a été mené du 4 au 25 mai 2026 auprès de 1 000 propriétaires d’entreprise et décideuses et décideurs d’affaires issus du panel de Forum Research, qui participaient à des projets majeurs ou qui avaient l’intention ou souhaitaient y participer au cours des prochaines années.

Le traitement et l’analyse des données ont été effectués par l’équipe de recherche et d’intelligence de marché de BDC. Les données n’ont pas été pondérées.

Pour un échantillon probabiliste de 642 répondantes et répondants, la marge d’erreur maximale est de ± 3,9 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Toutefois, comme ce sondage repose sur un échantillon non probabiliste, ces données sont fournies à titre indicatif seulement.

Remerciements

Ce rapport a été rédigé sous la direction d’Arnaud Franco, directeur, Recherche économique, BDC. Il a été rendu possible grâce à la collaboration de Magalie Nadeau, Nathalie Gauthier, Sami Abou Daya, Christina Kairouz, Roseline Joyal-Guillot, Carine Bergevin-Chammah et Mathieu Galliot de BDC, ainsi que le Transition Accelerator.

Il s’appuie sur des données d’enquête et des informations publiques analysées et interprétées par BDC. Toute erreur ou omission relève de la seule responsabilité de BDC. Tous les chiffres figurant dans ce rapport ont été arrondis. L’utilisation des informations contenues dans le présent document relève exclusivement de la responsabilité de la lectrice ou du lecteur.