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Investir dans l'innovation: la clé d’une croissance annuelle de 11 % sur 25 ans


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Bernard Bélanger, Premier Tech

Bernard Bélanger adore observer, de son bureau, l’activité bourdonnante qui règne à l’extérieur. Cinq camions chargent des produits de son entreprise, Premier Tech, à destination des É.-U. pendant que des chariots élévateurs sillonnent la zone de chargement.

Un peu en retrait, se trouve le centre d’innovation, recherche et développement (IR&D) de Premier Tech – qui fait la fierté de M. Bélanger. Grâce à ce bâtiment ultramoderne de 2 000 m2, l’humble commerce de récolte de tourbe de mousse de Rivière-du-Loup, à 200 km au nord-est de Québec, est devenu un conglomérat de 500 millions de dollars considéré comme l’une des entreprises les plus innovatrices du Canada.

Premier Tech compte 2 000 employés. Deux cents, dont dix titulaires de doctorat, sont affectés à l’IR&D, qui mobilise annuellement 3 % des revenus de l’entreprise.

Tous ces efforts sont payants pour Premier Tech, qui a enregistré au cours des 25 dernières années un taux de croissance annuel moyen de 11 % ! Plus du tiers de ses ventes annuelles proviennent de produits nouveaux ou considérablement modifiés qu’elle n’avait pas il y a cinq ans.

«Pour croître, vous devez absolument avoir de nouveaux produits», dit Bernard Bélanger, 76 ans, chef de la direction et président du conseil de Premier Tech (son fils Jean est président).

Être différent

Premier Tech fabrique un vaste éventail de produits – amendements de sol à base de tourbe de mousse pour le secteur horticole, inoculants microbiens utilisés en agriculture, équipement de traitement des eaux usées, équipement d’emballage industriel et systèmes de recyclage.

Elle innove aussi dans son secteur clé. À une époque, la technologie de pointe en matière d’extraction de tourbe de mousse venait d’Europe. Aujourd’hui, dit fièrement M. Bélanger, elle est d’origine canadienne et fondée en grande partie sur les innovations de Premier Tech.

Il a pris goût à l’innovation dans les années 1960 après avoir réalisé que son entreprise devait sortir des sen-tiers battus pour se distinguer dans une industrie très conservatrice.

L’entreprise, fondée en 1923, récoltait alors la tourbe de mousse, la tamisait et l’ensachait pour la vendre aux horticulteurs et agriculteurs, qui l’épandaient sur le sol pour l’enrichir. Le quart des tourbières mondiales sont situées au Canada.

La première tentative d’innovation a donné des résultats mitigés. Premier Tech s’était associée à des chercheurs de l’Université Cornell, à Ithaca, New York, pour développer un additif pour le sol à base de tourbe de mousse appelé Pro-Mix.

Pro-Mix est devenu éventuellement un gros vendeur, mais ce produit avant-gardiste a mis 15 ans à percer un marché traditionnel très réfractaire aux nouveautés.

L’expérience a enseigné à M. Bélanger que l’innovation doit, dès le départ, être alliée à un marketing efficace. Ce constat l’a incité à créer, en 1983, le centre d’IR&D de Premier Tech. Sa mission: faire le pont entre, d’une part, la recherche fondamentale menée dans les universités et les instituts gouvernementaux et, d’autre part, la science appliquée requise dans l’industrie.

«Nous ne pouvons mettre 15 ans à commercialiser un produit, c’est trop long», explique M. Bélanger.

Ayant également réalisé qu’il est crucial d’être à l’écoute du marché, M. Bélanger a entrepris de faire participer ses employés à des congrès, des expositions et des foires agricoles pour recueillir des idées de nouveaux produits directement de ses clients qui, dit-il, sont «au cœur des affaires».

L’équipe d’IR&D étudie chaque année de 40 à 50 nouvelles idées de produits. En général, entre 10 et 20 sont éventuellement commercialisées. Les bénéfices sont tangibles quand on regarde les résultats de Premier Tech, affirme M. Bélanger.

En fait, dit-il, des activités d’innovation aussi importantes sont la clé de la survie de l’industrie canadienne face à la concurrence des pays à faibles salaires.

«En sachant comment innover, nous pouvons nous protéger.»

Innovation – Conseils de Bernard Bélanger

Les entreprises ont intérêt à créer «une culture d’innovation efficiente». M. Bélanger insiste sur le fait que les besoins du client doivent demeurer la préoccupation centrale tout au long du processus d’innovation, de recherche et de développement, et pas seulement au point de vente. Selon lui, les entreprises doivent:

  • Consacrer suffisamment de ressources à l’innovation.
  • Motiver les employés en versant des salaires concurrentiels et en cultivant la fierté à l’égard des produits et le désir d’être des leaders de l’industrie.
  • Travailler à assurer des processus et des structures d’affaires efficients.
  • Miser sur le savoir et les innovations antérieures – notamment en travaillant de près avec les milieux universitaire et institutionnel.

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