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5 questions à se poser pour évaluer une dépense en immobilisations

L’évaluation d’un projet d’investissement n’est pas qu’une question d’argent

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Un investissement en capital peut constituer une étape cruciale dans la croissance de votre entreprise et de la poursuite de vos objectifs stratégiques. Mais un investissement comporte aussi des risques. Cela pourrait notamment occasionner des hausses de coûts inattendues mettant vos finances en péril et faisant dérailler votre croissance.

Que vous ayez besoin de machinerie, d’équipement, de biens immobiliers, de véhicules, de matériel informatique ou de logiciels, le bienfait d’une dépense en immobilisations dépend souvent de la planification adéquate de votre achat et de sa conformité à votre stratégie d’affaires.

«Plusieurs entreprises font des dépenses en immobilisations en fonction de leurs émotions sans évaluer l’occasion en profondeur. Les propriétaires d’entreprise s’exposent souvent à un risque lorsqu’ils ne tiennent pas compte de tous les aspects de l’investissement», affirme Jorge Henao, conseiller d’affaires principal de BDC, qui se spécialise dans la gestion et les stratégies financières.

M. Henao conseille aux entrepreneurs de se poser les cinq questions ci-dessous lorsqu’ils évaluent une dépense en immobilisations.

1. L’investissement est-il en adéquation avec votre stratégie, et le moment est-il opportun?

Un bon investissement n’est pas nécessairement celui dont votre entreprise a besoin. Vous devriez aussi réfléchir à son adéquation stratégique pour votre entreprise et au choix du moment.

Assurez-vous que le projet correspond aux besoins de votre entreprise et à sa stratégie globale des prochaines années. Un achat non stratégique peut offrir un rendement intéressant, mais pourrait détourner l’attention et les ressources de vos activités de base, lesquelles pourraient en souffrir.

Le choix du moment est également un enjeu souvent négligé. Pensez aux perspectives actuelles de votre entreprise et de votre secteur, et à toute perturbation potentielle.

Si votre entreprise est en forte croissance, il n’est pas judicieux d’acheter un immeuble qui ne tient pas compte de votre scénario le plus probable d’espace nécessaire.

M. Henao donne l’exemple d’un investissement dans une propriété. «Les entrepreneurs sont souvent obsédés par l’immobilier. Ils croient que la meilleure option est d’acquérir leur propre immeuble. Je demande toujours “Est-ce le bon moment? Quels seront vos besoins en capacité dans cinq ans? L’immeuble sera-t-il assez grand?”», explique-t-il.

«Si votre entreprise est en forte croissance, il n’est pas judicieux d’acheter un immeuble qui ne tient pas compte de votre scénario le plus probable d’espace nécessaire. L’investissement exigera également des liquidités qui pourraient être consacrées à la croissance. Vous feriez mieux d’attendre que votre entreprise se stabilise.»

2. Est-ce un bon investissement?

Faites une analyse coûts-avantages de l’investissement pour vous assurer qu’il s’agit d’une bonne occasion pour votre entreprise. Pour ce faire, vous disposez de plusieurs méthodes, notamment:

  • Le délai de récupération (temps prévu pour récupérer l’investissement)
  • Le taux de rendement comptable (prévisions du rendement du projet à titre de portion du coût total)
  • La valeur actualisée nette (sorties de fonds moins entrées de fonds attendues)
  • Le taux de rendement interne (taux de rendement moyen annuel prévu)

Apprenez comment faire une évaluation des coûts et des avantages d’un investissement important.

Les résultats dépendent grandement de vos estimations à l’égard des revenus et des coûts. Les propriétaires d’entreprise ont tendance à surestimer les revenus prévus d’un investissement et à sous-estimer, ou même à ignorer, des dépenses majeures comme la mise en œuvre, l’embauche, la formation, le temps d’arrêt, le temps de transition, l’entretien, les mises à niveau et le financement.

«Toute analyse nécessite beaucoup d’hypothèses, ajoute M. Henao. Vous devez vous assurer que vos chiffres sont réalistes. Dans plusieurs cas, les gens ont tendance à être optimistes.»

Il peut être utile de faire des calculs en fonction de différents scénarios: le pire, le meilleur et le plus probable. Pensez à l’incidence sur votre entreprise de chacun des scénarios.

Vous devriez également évaluer l’investissement en fonction d’autres options, telles que la réparation ou l’amélioration des actifs actuels, ou le statu quo. «Est-ce que cela vous procurera un avantage concurrentiel? Le cas échéant, pouvez-vous le quantifier?», demande M. Henao.

Demandez-vous à quels risques vous pourriez faire face si vous n’effectuez pas l’investissement.

  • Pourriez-vous perdre des clients ou être dépassé par des concurrents?
  • Est-ce que cela pourrait limiter votre capacité à faire d’autres investissements nécessaires?

3. Quelle est l’incidence sur le flux de trésorerie de l’entreprise?

Plusieurs propriétaires d’entreprise négligent l’effet de leurs dépenses en immobilisations sur le flux de trésorerie. Cela peut être une grande erreur. Il est important d’intégrer toutes les sorties de fonds attendues à vos prévisions du flux de trésorerie, telles que les coûts d’acquisition, les paiements de location et les intérêts sur le financement supplémentaire.

Même si l’investissement est judicieux d’un point de vue économique, vous devez vous assurer qu’il l’est aussi sur le plan du flux de trésorerie. Un investissement pourrait avoir un bon rendement, mais vos activités pourraient ne pas générer suffisamment de flux de trésorerie pour absorber l’augmentation des sorties de fonds.

«Si vous investissez sans vous pencher sur le flux de trésorerie, vous pourriez vous acculer à la faillite, affirme M. Henao. Même s’il s’agit d’un bon investissement, il arrive souvent que les entreprises ne puissent pas se le permettre sans financement.»

4. De quel financement aurez-vous besoin?

Une fois que vous avez prévu l’incidence sur le flux de trésorerie, vous pouvez plus facilement déterminer vos besoins de financement.

Les banquiers exigeront de l’information financière à jour, comme les actifs, les passifs et l’historique de flux de trésorerie de votre entreprise, ainsi que des arguments convaincants justifiant l’investissement de même que votre plan d’affaires.

«Les entreprises ont tendance à croire à tort qu’elles seront financées seulement parce qu’il s’agit d’une bonne occasion d’investissement», indique M. Henao.

De plus, en connaissant l’incidence éventuelle de l’investissement sur le flux de trésorerie, vous pouvez approcher les banquiers en matière de financement à l’avance, et non pas au moment d’une crise lorsque les institutions financières pourraient refuser un prêt.

5. Avez-vous déjà pensé aux autres répercussions de l’investissement?

Un projet de grande envergure peut avoir des répercussions sur plusieurs aspects de votre entreprise, comme les ventes, l’approvisionnement, la production et les capacités de prestation.

Par exemple, avez-vous pensé à l’incidence sur votre main-d’œuvre? M. Henao donne l’exemple d’une entreprise qui a acheté une grande usine pour consolider ses activités. Le projet nécessitait que l’on réaffecte tous les employés, mais seulement quelques-uns étaient prêts à déménager. L’embauche d’employés qualifiés au nouvel emplacement et l’atteinte du niveau d’efficacité nécessaire ont engendré d’importants coûts pour l’entreprise, ce qui a contribué à de sérieux problèmes de flux de trésorerie.

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