Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Une entrepreneure qui n’a pas froid aux yeux

Temps de lecture: 4 minutes

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Déjà, à 11 ans, Wendy Tayler savait qu’elle voulait être sa propre patronne. Aujourd’hui, quelques décennies plus tard, elle est propriétaire non pas d’une, mais de deux entreprises en plein essor au Yukon.

En plus d’exploiter une compagnie d’affrètement aérien et une concession d’automobiles, Mme Tayler trouve aussi le temps de courir des marathons et d’élever ses trois filles. Elle a même obtenu sa licence de pilote privé.

«J’ai toujours senti le besoin d’être indépendante et de contrôler mon avenir financier, dit-elle. Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé que vous appartenez à l’entreprise bien plus qu’elle ne vous appartient.»

Mme Tayler a acquis une participation majoritaire dans Alkan Air, une entreprise de Whitehorse qui se spécialise dans le transport des travailleurs et des prospecteurs miniers vers les sites éloignés du nord du Canada et de l’Alaska. Alkan offre également des services d’ambulance aérienne.

Mme Tayler est aussi propriétaire majoritaire du seul concessionnaire Ford local. Les deux entreprises profitent du soutien de BDC.

Développer des partenariats solides – la clé du succès

Comment Mme Tayler gère-t-elle toutes ces responsabilités? La clé de son succès réside, selon elle, dans les partenariats solides qu’elle a développés avec le temps. «Je passe le plus clair de mon temps à la compagnie d’aviation. J’ai une excellente associée, qui s’occupe de la concession d’automobiles. Nous nous parlons de trois à cinq fois par jour, mais elle dirige cette entreprise de façon autonome.»

Les entrepreneurs doivent bien se connaître et accepter leurs faiblesses s’ils veulent réussir, affirme Mme Tayler. «Je suis forte en finance et en comptabilité, en planification, en processus et en stratégie. Je dois cependant veiller à m’entourer de ressources techniques compétentes.»

Gravir les échelons

Mme Tayler a commencé à travailler à 16 ans dans un cabinet comptable qu’elle a quitté à 20 ans, après la naissance de son aînée. Tout en s’occupant de sa fillette et en suivant des cours du soir pour devenir comptable en management accréditée, Mme Tayler est entrée au service de la comptabilité d’Alkan Air, où elle a gravi les échelons et fini par aider le président, Hugh Kitchen, à gérer l’entreprise.

«J’y ai travaillé pendant sept ans. Je souhaitais prendre une participation dans l’entreprise, mais il n’existait aucune possibilité à ce moment-là.»

Après avoir quitté Alkan Air, Mme Tayler a travaillé pour une autre entreprise avant de se lancer à son compte en 2004. Elle a acheté 18 % des parts de la concession d’automobiles Whitehorse Motors ltée, et en détient aujourd’hui 51 %.

En 2007, Hugh Kitchen est venu trouver Mme Tayler pour lui faire une offre. «Un des associés d’Alkan prenait sa retraite et vendait ses actions, raconte-t-elle. Sachant que l’aviation m’avait toujours passionnée, il m’a invitée à “ monter à bord ”.»

Mme Tayler reconnaît que diriger une compagnie d’aviation n’est pas de tout repos. «Nous sommes en activité 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Il y a toujours du personnel de garde pour assurer les services ambulanciers.»

Savoir gérer les hauts et les bas

L’entreprise a bénéficié d’une ruée vers l’or au Yukon. Environ 65 % de ses revenus proviennent de l’industrie minière. Ses affaires ont atteint un sommet en 2011 lorsqu’une vague de prospection a engendré une augmentation de 50 % des heures de vol. «L’exploration s’étendait à tout le Yukon. Je pense que le pic que nous avons connu était un phénomène exceptionnel, qui ne se reproduira pas.»

Les choses n’ont néanmoins pas toujours été faciles pour Alkan Air, surtout lorsque la récession a frappé en 2008 et 2009. Peu après être devenue associée, Mme Tayler a reçu un courriel l’informant que l’un des plus gros clients de l’entreprise venait de déclarer faillite. «C’était un dur coup pour notre trésorerie. Nous étions en train de terminer, au coût de 2,5 millions de dollars, la construction d’un hangar pour notre flotte.»

Cet incident a enseigné à Mme Tayler que la souplesse est cruciale pour faire face aux hauts et aux bas d’un secteur cyclique comme l’exploitation minière. «Vous devez être capable de réagir rapidement pour réduire les effectifs ou vendre ou acheter un aéronef.»

Devenir une meilleure gestionnaire

Alkan Air met l’accent sur le service à la clientèle. «Se rendre dans le Nord pour y extraire de l’or coûte cher. Comme la belle saison est extrêmement courte, le plus important pour nos clients est d’accomplir le travail de manière efficiente et dans les délais.»

Depuis qu’elle a obtenu sa licence de pilote, Mme Tayler éprouve un respect encore plus profond pour le travail que font ses employés dans le climat rigoureux du Yukon. «Je sais ce que c’est que de ravitailler un avion en carburant par des températures de moins 40 degrés ou encore d’être coincée pendant une heure sur la piste, avec un pneu à plat, à attendre les secours.»

Mme Tayler affirme que son expérience de première main a contribué à faire d’elle une meilleure gestionnaire. «J’ai pu me faire une idée concrète des défis et des frustrations que vivent mes gens sur le terrain, dit-elle. Il fallait que j’aille sur place pour voir de mes propres yeux ce qui en est.»

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