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Lettre économique mensuelle

Février 2020
Article vedette

La croissance des salaires va-t-elle se poursuivre?

Après avoir connu des années de piètre croissance des salaires, la vigueur du marché du travail commence enfin à se reflèter sur les chèques de paie des travailleurs Canadiens. La question est maintenant de savoir si la croissance des salaires va se poursuivre.

Le marché du travail demeure solide (à quelques exceptions dans l'ouest du Canada) avec un taux de chômage qui se maintenant à son niveau le plus faible en 40 ans. L’économie canadienne a créé près de 25 000 emplois par mois en moyenne en 2019.

Toutefois, la croissance économique a été plus modérée au cours des derniers mois. En fait, la Banque du Canada a abaissé ses prévisions de croissance du PIB pour le quatrième trimestre de 2019 à seulement 0,3 %. L’emploi mensuel a diminué au cours de deux des trois mois du trimestre.

Néanmoins, les pénuries de main-d’œuvre n’ont pas diminué pendant cette période. Il y a encore plus d’un demi-million de postes vacants au pays. En effet, 31 % des entreprises étaient encore aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre au dernier trimestre de 2019, selon une enquête sur les perspectives des entreprises menée par la Banque du Canada. De même, une enquête de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a révélé qu’environ 25 % des entreprises avaient du mal à trouver des travailleurs non qualifiés et semi-qualifiés et que 43 % avaient du mal à trouver de la main-d’œuvre qualifiée.

La vigueur du marché du travail se reflète enfin dans les salaires

Bien que le marché du travail se resserre depuis des années, les gains salariaux n’ont pas suivi le rythme. Le taux de chômage au Canada a atteint son plus bas niveau en 2019, soit 5,7 %, ce qui équivaut presque au plein emploi. Nous nous attendrions normalement à ce que les salaires augmentent d’environ 3 % par année – 2 % pour tenir compte de l’inflation et le point de pourcentage restant pour la croissance de la productivité. Ce n'était pas le cas en 2018 ou 2017. Les salaires ont augmenté à un taux moyen de 2,7 % en 2018 (malgré un taux de chômage de 5,8 %) et de 1,6 % en 2017 (malgré la création de 417 000 nouveaux emplois).

La bonne nouvelle, c’est que les salaires ont augmenté bien au-delà du seuil des 3 % au cours des sept derniers mois. Après une décennie de croissance modérée, les salaires ont enfin pris de l’ampleur.

Cependant, ce ne sont pas tous les travailleurs canadiens qui bénéficient de chèques de paie plus élevés. Tout comme la croissance du PIB, la croissance des salaires varie considérablement d’une province à l’autre. La Colombie-Britannique, le Québec et l'Ontario, les provinces où la demande de main-d'œuvre est la plus forte, ont connu la plus forte croissance des salaires.

Mais... Ne vous attendez pas à ce que le rythme se poursuive...

La hausse des salaires devrait se modérer en 2020. Selon la moyenne de plusieurs enquêtes sur les plans salariaux des employeurs canadiens pour 2020, les salaires devraient augmenter de 2,7 % cette année, soit un peu moins que les niveaux observés à la fin de 2019. Seulement 36 % des organisations interrogées par le Conference Board du Canada prévoient des augmentations salariales pour 2020 supérieures au seuil de 3 %. Le ralentissement de la création d'emplois en 2020 explique pourquoi il est peu probable que la croissance des salaires atteigne les niveaux de 2019.

Par ailleurs, la faible croissance de la productivité pourrait limiter les futurs gains salariaux. Sans gains de productivité, les entreprises ne sont pas en mesure d'augmenter les salaires au-delà de l'inflation. Des gains salariaux importants, comme ceux que nous avons constatés dans certaines provinces en 2019, ne sont pas viables dans un contexte de faible croissance de la productivité.

Outre les investissements dans la technologie, l'éducation et la formation, les entreprises peuvent accroître leur productivité en faisant mieux correspondre les compétences des travailleurs aux exigences du poste. Bien qu'il soit de plus en plus difficile pour les entreprises de trouver les bons talents pour combler les emplois, un marché du travail solide devrait soutenir des taux de roulement des emplois plus élevés. Un taux de roulement plus élevé améliore l'adéquation des compétences et la productivité, ce qui favorise la croissance des salaires.

Même si la population active vieillit et que les travailleurs âgés ont tendance à privilégier la stabilité plutôt que les gains salariaux, le taux de personnes changeant d'emploi volontairement au Canada a augmenté au cours des deux dernières années, parallèlement à la baisse des taux de chômage et au nombre élevé de postes vacants.

Somme toute, les salaires devraient augmenter modestement cette année. La croissance sera plus importante dans les secteurs où la demande de travailleurs est forte, comme la technologie numérique, les métiers spécialisés et les services professionnels. Cependant, la force et la durée des pressions salariales dépendront dans quelle mesure les investissements des entreprises et la formation de la main d’œuvre génèrent une plus grande croissance de la productivité du travail et de la croissance économique.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Soyez prêt à augmenter les salaires et à offrir plus d'avantages aux employés, surtout si vous opérez dans un secteur où le talent est en demande.
  2. Demandez de l'aide pour optimiser vos coûts d'intrants afin de compenser l'augmentation des dépenses de main-d'œuvre.
  3. Investissez dans la technologie et la formation pour améliorer la productivité de votre entreprise et assurer votre compétitivité.
Perspectives Canada

En attente d’un rebond

L'économie canadienne s'est récemment affaiblie, les mois d'octobre et de novembre 2019 ayant été inférieurs aux prévisions initiales. La prévision de croissance de 0,3 % de la Banque du Canada pour le quatrième trimestre devrait se maintenir si les chiffres de décembre n’offrent pas de mauvaises surprises.

Qu’est-ce qui a freiné la croissance au T4?

Des événements temporaires ont eu un impact négatif sur l’activité économique au cours de l’automne. Ces facteurs ponctuels, combinés aux tensions commerciales persistantes et au ralentissement économique mondial, ont pesé sur la croissance.

Difficultés dans le secteur de l’automobile – Les fermetures d'usines et la restructuration de la production ne sont pas étrangères au secteur automobile canadien. Cependant, une grève de 48 000 travailleurs de l'automobile dans une cinquantaine d'usines aux États-Unis a certainement frappé durement. La grève a duré près d'un mois et demi en septembre et octobre. Le secteur est important pour le Canada, les véhicules automobiles et leurs pièces représentent 8 % de l'industrie manufacturière canadienne. Le recul du secteur automobile a contribué à une baisse de la production manufacturière de 1,2 % en octobre. La croissance de la production manufacturière a stagné en novembre.

Fermeture de l’oléoduc Keystone – TC Énergie a cessé de transporter du pétrole sur le pipeline Keystone pendant dix jours au début de novembre à la suite d’un déversement d’environ 1,4 million de litres de pétrole dans le Dakota du Nord. Bien que le transport du pétrole ait repris vers le 11 novembre, la fermeture a considérablement réduit les exportations de pétrole brut.

L’accumulation qui en a résulté a mené à un pic des stocks de pétrole canadiens à la fin de l’automne. Cette accumulation et les restrictions à la production de pétrole continuent d’exercer une pression à la baisse sur le prix de référence du Western Canadian Select, ce qui nuit aux provinces productrices de pétrole de l’Ouest.

Le conflit de travail au CN – Une grève au Canadien National a duré huit jours en novembre avant d’être réglée. Par conséquent, le secteur des transports a connu une baisse de 0,9 % en novembre. Les restrictions en matière de transport ont également touché d'autres secteurs tels que l'agriculture et les ressources naturelles (-0,3 %) et le commerce de gros (-0,4 %). Les problèmes de transport expliquent également en partie la mauvaise performance de l'industrie minière, qui s'est contractée de 4,0 % (bien que la faible demande chinoise de minerai de fer et de potasse ait également contribué au mauvais mois de ce secteur).

Compte tenu de l’incidence du coronavirus sur l’économie chinoise, il faut s’attendre à une baisse du secteur du transport aérien et de la demande de produits de base, bien qu’il soit trop tôt pour estimer l’incidence particulière sur l’économie canadienne.

Qu’est-ce qui stimulera la croissance en 2020?

L'emploi a diminué en octobre et novembre, mais heureusement, il s'est redressé depuis. Après une augmentation de 27 000 en décembre, 35 000 nouveaux emplois ont été créés en janvier. La création d'emplois devrait se poursuivre tout au long de l'année, mais à un rythme plus modeste.

Non seulement un plus grand nombre de Canadiens travaillent, mais les salaires ont commencé à augmenter au milieu de 2019. La croissance des salaires devrait se poursuivre tout au long de l'année, bien qu'à un rythme plus lent, en particulier dans les provinces qui ont connu des augmentations salariales exceptionnelles récemment, comme le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique. (Voir notre article principal ce mois-ci pour plus de détails.) La croissance des salaires soutiendra les dépenses des ménages.

La faiblesse des taux d'intérêt, la forte croissance de l'emploi et l'immigration sont également à l'origine des progrès réalisés dans le secteur de l'habitation. Le graphique ci-contre montre une solide croissance des ventes de logements résidentiels en 2019.

La montée du coronavirus menace la lancée de la croissance et les potentiels gains découlant de la ratification de l'accord commercial Canada-Mexique-États-Unis et de l'accord de la phase 1 entre les États-Unis et la Chine. Le virus va probablement limiter la croissance économique mondiale et pourrait réduire les échanges commerciaux et les investissements des entreprises au cours du premier trimestre de 2020.

Ce qu’il faut retenir? Après un refroidissement, la croissance devrait reprendre au Canada au deuxième trimestre 2020. Les ménages seront le moteur de la croissance cette année encore, car la création d'emplois et les salaires continueront d'augmenter à un rythme modéré. Dans l'ensemble, la croissance du PIB pour l'année devrait être légèrement inférieure au potentiel, avec un solide 1,6 %.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Les entreprises du secteur des produits de base pourraient être confrontées à des vents contraires en raison du ralentissement en Chine.
  2. L'immigration soutient la croissance démographique, ce qui devrait aider les entreprises touchées par la pénurie de main-d'œuvre. Elle augmentera également la demande de logements et profitera à l'industrie de la construction.
  3. Bien que le huard demeure favorable aux exportateurs, la crainte mondiale du coronavirus pourrait peser sur les exportations canadiennes à court terme.
Perspectives États-Unis

L’économie américaine sur le pilote automatique

L’économie américaine a connu une croissance de 2,1 % au quatrième trimestre de 2019. Cela porte la croissance du PIB à 2,3 % pour l’année, ce qui correspond aux attentes de la Réserve fédérale. Bien que le rythme de la croissance ait ralenti par rapport à 2018, la croissance reste solide compte tenu de l'impact persistant de la guerre commerciale avec la Chine.

Les moteurs de la croissance ont changé au cours du dernier trimestre de 2019. Les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ont ralenti par rapport aux trimestres précédents. L'investissement résidentiel a augmenté pour un deuxième trimestre consécutif et les exportations ont été un important contributeur net à la croissance.

L’investissement résidentiel ne cesse de progresser

Des gains solides dans le secteur de l’emploi et de bas taux d’intérêt stimulent l’investissement résidentiel. En décembre, les mises en chantier ont atteint un sommet en 13 ans. La dernière fois que les nouvelles constructions ont atteint ce niveau, c’était en 2006, alors que la bulle immobilière éclatait. La situation actuelle du marché de l’habitation semble beaucoup plus stable si l’on tient compte du fait que le ratio d’endettement des ménages américains est en baisse constante depuis la dernière récession.

La consommation des ménages a ralenti au cours du quatrième trimestre, mais après deux trimestres solides, les consommateurs ont peut-être simplement pris une pause.

Le marché du travail continue de soutenir les dépenses des ménages

L’économie américaine continue de créer de nouveaux emplois chaque mois, et le taux de chômage se maintient autour des creux historiques.

Depuis la Grande Récession, il y a eu beaucoup de ressources inutilisées dans la main-d'œuvre américaine, mais ce n'est peut-être plus le cas.

Après la crise financière, le nombre de travailleurs découragés aux États-Unis avait atteint 1,3 million. Neuf ans plus tard, en décembre 2019, il n’y avait plus que 277 000 travailleurs découragés (les travailleurs découragés sont ceux qui sont marginalement attachés à la population active, qui veulent un emploi mais qui n'en ont pas cherché un activement au cours des quatre dernières semaines).

La faiblesse des taux d'intérêt, la forte croissance de l'emploi et l'immigration sont également à l'origine des progrès réalisés dans le secteur de l'habitation. Le graphique ci-contre montre une solide croissance des ventes de logements résidentiels en 2019.

Avons-nous vu les derniers effets de la guerre commerciale sino-américaine?

Les investissements des entreprises ont diminué pour un troisième trimestre consécutif à la fin de 2019, ce qui représente le plus long ralentissement depuis 2009. Ce sont principalement les investissements dans les structures non résidentielles qui ont ralenti, mais les investissements en machines et en équipement ont aussi reculé. Le ralentissement des investissements dans le secteur industriel, attribuable à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, est probablement à blâmer.

L’accord commerciale de phase 1 entre les deux pays devrait venir en aide au secteur industriel et encourager les investissements des entreprises. Cependant, la plupart des droits de douane restent en place, de sorte que l'effet de l'accord devrait se limiter à l'amélioration de la confiance des entreprises.

L’impact du coronavirus

Le coronavirus atténue l’optimisme à l’échelle mondiale et suscite la peur dans plusieurs pays, y compris aux États-Unis.

Il est encore trop tôt pour avoir une idée précise de l’impact de l’épidémie sur l’économie américaine, mais la crise pourrait réduire la croissance du PIB chinois de 0,6 %, selon Oxford Economics. Le ralentissement en Chine aura sans aucun doute un impact sur les chaînes de valeur mondiales et sur l'économie américaine. Le climat de peur que le virus génère pourrait annuler les gains de confiance attendus des accords commerciaux.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Bien que la consommation ait ralenti au dernier trimestre, un marché du travail vigoureux et des taux d’intérêt bas devraient continuer de soutenir les dépenses des ménages et les investissements résidentiels.
  2. Les investissements des entreprises ont reculé pour un troisième trimestre consécutif. La signature de l’entente de phase 1 avec la Chine devrait améliorer la confiance des entreprises, mais le coronavirus ajoute de l’incertitude à la situation. Les entrepreneurs canadiens qui font des affaires aux États-Unis devraient s'attendre à une amélioration modeste.
  3. Le dollar américain s'était récemment déprécié à la suite de l'émergence d'un environnement plus stable. Toutefois, le coronavirus pourrait inciter les investisseurs à se précipiter pour acheter des actifs sûrs comme le billet vert. Cela pourrait entraîner une dépréciation du dollar canadien et favoriser les exportateurs canadiens.
Point sur le marché du pétrole

Quelle direction prendra le secteur pétrolier et gazier canadien?

L’avenir du secteur pétrolier et gazier du Canada dépendra des investissements que le secteur pourra attirer. Les investissements devront augmenter pour que le Canada demeure concurrentiel dans un marché de plus en plus mondialisé.

Le secteur du pétrole et du gaz a généré la plus grande part des investissements du secteur privé au Canada depuis 2000. En  2014, les investissements dans ce secteur ont atteint un sommet de 82 milliards de dollars, soit 24 % de l’investissement total au Canada. Depuis, en raison de la chute des prix du pétrole brut, les investissements ont ralenti presque chaque année, à l’exception de 2017. Selon les premières estimations, l’investissement dans le secteur a diminué de 7 % en 2019.

Le vent devrait tourner cette année. Même si l’on est encore loin du niveau record de 2014, on devrait observer une augmentation des investissements de 2 milliards de dollars en 2020, soit une hausse de 6 % par rapport à 2019, selon la Canadian Association of Petroleum Producers. Cette augmentation profitera à l’économie canadienne et encore plus aux provinces productrices de pétrole qui ont connu des difficultés au cours des dernières années.

Qu’est-ce qui motive la reprise attendue?

En Alberta et en Saskatchewan, soit les deux principales provinces productrices de pétrole, le gouvernement provincial a annoncé des mesures de soutien pour stimuler l’investissement dans le secteur.

Le gouvernement du Parti conservateur uni (PCU) de l’Alberta a assoupli la réduction de la production pétrolière à l’automne et a réduit l’impôt sur le revenu des sociétés d’un point de pourcentage en juillet et de nouveau le 1er janvier. Pendant la campagne électorale, le PCU a promis de réduire le taux d’imposition pour le faire passer de 12 % à 8 %. Il s’établit maintenant à 10 %.

Le plan de croissance du gouvernement de la Saskatchewan vise à augmenter la production de pétrole de sorte qu’elle s’établisse à 600 000 barils par jour d’ici 2030, ce qui correspond à une augmentation de 28 %. Le plan de croissance met également de l’avant deux nouvelles mesures incitatives pour stimuler l’investissement dans le secteur, sous la forme de redevances transférables et de crédits d’impôt.

De plus, les producteurs sont de plus en plus optimistes relativement à la mise en service de nouvelles capacités d’exportations par oléoduc. Trois grands projets d’oléoducs ont récemment connu des développements prometteurs.

Les travaux d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain ont repris à la fin de l’été. Plus récemment, la Cour suprême du Canada a rejeté la demande de la Colombie-Britannique d’avoir son mot à dire sur ce qui est transporté dans l’oléoduc. La Cour a déclaré que l’utilisation des pipelines relevait sans ambiguïté de la compétence fédérale. Plus tôt en février, la Cour d’appel fédérale a également rejeté la revendication des autochtones selon laquelle le gouvernement fédéral n’avait pas fait preuve de diligence dans son analyse et n'avait pas suffisamment consulté les parties prenantes.

TC Énergie n’a pas encore pris de décision définitive en matière d’investissement au sujet du projet Keystone XL, retardé depuis longtemps. Toutefois, un rapport d’état déposé auprès d’un tribunal américain à la mi-janvier exposait les grandes lignes du plan de la société d’entamer la préconstruction en février et de poursuivre les travaux de construction au cours de l’été.

Par ailleurs, la partie canadienne de la canalisation de remplacement no 3 d’Enbridge est entrée en service au début de décembre, mais la partie américaine de l’oléoduc accuse encore de nombreux retards. Néanmoins, il y a espoir que la construction de cette dernière partie commencera plus tard dans l’année.

Bien que les oléoducs aient été au cœur des investissements dans le secteur pétrolier et gazier au cours des dernières années, nous surveillerons aussi le projet Teck Frontier. Le projet de la mine de sables bitumineux Frontier dans le nord-est de l’Alberta, d’une valeur de 20,6 milliards de dollars, est en attente de l’approbation du gouvernement fédéral pour plus tard ce mois-ci. La décision du gouvernement aura des répercussions importantes sur les perspectives d’investissement dans le secteur pétrolier et gazier au cours des prochaines années.

Principaux défis

Même si l’on prévoit une augmentation des investissements dans le secteur pétrolier et gazier celle-ci demeurera modeste en raison de la faiblesse des prix mondiaux, des risques géopolitiques et des efforts croissants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les prix mondiaux ne devraient pas beaucoup augmenter cette année en raison du ralentissement de la croissance de la demande et de l’augmentation de l’offre en provenance des États-Unis, ce qui compensent en partie les réductions de production de l'OPEP et de ses partenaires.

Le Brent devrait atteindre, en moyenne, 65 $ US le baril; le WTI, 60 $ US le baril. Les risques géopolitiques, y compris les tensions accrues au Moyen-Orient et le coronavirus, ajoutent de la volatilité aux perspectives d’investissement. En plus des différents défis auxquels font face les marchés, la décarbonisation de l’économie augmente les risques financiers des investisseurs et les difficultés d’ordre réglementaire, ceci crée une incertitude générale pour le secteur de l’énergie.

En résumé

Nous prévoyons une modeste augmentation des investissements dans le secteur pétrolier et gazier canadien en 2020. Le gouvernement de l’Alberta et celui de la Saskatchewan ont annoncé de nouvelles politiques et de nouveaux incitatifs qui devraient stimuler les investissements dans le secteur. L'augmentation de la capacité des pipelines et la possibilité du projet Frontier devraient aider le secteur pétrolier et gazier canadien à reprendre des forces.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada demeurera probablement prudente

La prochaine réunion de la Banque du Canada aura lieu le 5 mars 2020. Le taux d’intérêt du financement à un jour au Canada restera fort probablement à 1,75 %. La Banque aura alors accès aux données sur le PIB du quatrième trimestre et, si la croissance venait à être plus faible que prévu, elle pourrait pousser la Banque à abaisser son taux. Cependant, nous estimons que cela est peu probable étant donné que le niveau d'endettement des ménages canadiens est assez élevé.

Le huard revient à un niveau inférieur

Le dollar canadien a perdu de la valeur récemment, atteignant 0,75 $ U. L'appréciation du billet vert explique la mauvaise performance du huard. L'épidémie de coronavirus et la montée de l'incertitude et de l'anxiété chez les investisseurs ont rendu les actifs sûrs, tels que le dollar américain, attrayants.

La confiance des petites entreprises demeure faible

En ce début de 2020, la confiance des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) au Canada n’est pas meilleure qu’elle ne l’était à la fin de 2019. L’indice Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a légèrement diminué de décembre à janvier, s’établissant à 55,3. La confiance ne s’améliore pas dans les provinces productrices de pétrole. Dans l’ensemble, il n’y a pas eu de changements majeurs en ce qui concerne la situation des entreprises, puisque 40 % des entrepreneurs estiment que leur entreprise se porte bien. Le pessimisme ne touche pas que les PME. Selon Exportation et développement Canada (EDC), les exportateurs canadiens ressentent également les effets du protectionnisme et du ralentissement économique mondial. L’indice de confiance d’EDC a atteint son plus bas niveau depuis 2012.

Les conditions de crédit aux entreprises se sont assouplies

Les conditions de crédit aux entreprises canadiennes se sont assouplies au cours du mois de janvier. Les taux d’intérêt effectifs, c’est-à-dire le taux d’emprunt moyen en vigueur pour les entreprises à l’égard de nouveaux prêts, ont diminué de 10 points de base en un mois. Les taux n’ont pas beaucoup changé pour les ménages, s’établissant légèrement au-dessus de 3,7 %; le taux effectif des entreprises se situe maintenant à 3,4 %. Comme le coronavirus a pour effet d’augmenter les craintes et d’engendrer de l’incertitude à l’échelle mondiale, la demande d’actifs plus sûrs, comme les obligations d’État, augmente; il en résulte ainsi une baisse du taux de rendement de ces obligations. Les fluctuations du taux de rendement des obligations d’État se reflètent sur les taux des banques, de sorte que nous pourrions assister à une diminution du taux effectif des ménages au sein du système financier au cours du prochain mois.

Indicateurs clés: Canada

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