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Lettre économique mensuelle

Octobre 2019
Article vedette

Comment préparer votre entreprise à un ralentissement économique

L’économie mondiale exhibe les effets de plus d’une année de conflits commerciaux soutenus, et de nombreux économistes prévoient d’autres difficultés à venir.

Déjà, la croissance économique a ralenti au Canada comme aux États-Unis, en Europe, en Chine et en Inde. Les prévisionnistes ont revu à la baisse leurs perspectives de croissance mondiale au cours des derniers mois au vu de l’incertitude qui pèse sur le commerce et l’investissement mondiaux.

Le Fonds monétaire international a revu son estimation de la croissance mondiale à 3,0 % pour cette année, soit le taux le plus bas depuis 2009, notamment en raison de la révision à la baisse de la croissance américaine. L’économie américaine devrait connaître une croissance de 2,4 %, contre 2,6 % en juillet.

L’économie canadienne ne devrait croître que de 1,5 % cette année et de 1,7 % l’an prochain.

Au cours du premier semestre de 2019, la croissance des dépenses de consommation a ralenti pour atteindre 1,6 % et l’investissement des entreprises a reculé de 3,6 %. Bien que la croissance de 2,5 % des exportations ait permis de soutenir l’économie au cours de la période, il est peu probable que cet élan se maintienne, car on s’attend à ce que la demande étrangère pour les exportations canadiennes ralentisse.

En tant qu’entrepreneur, que devriez-vous faire pour augmenter les chances que votre entreprise non seulement survive au ralentissement, mais prospère en cette période de ralentissement économique?

Agir avant que votre entreprise ne commence à s’affaiblir

Souvent, les entrepreneurs attendent que les revenus commencent à baisser avant de prendre des mesures pour consolider leur entreprise. Il est préférable de prendre une longueur d’avance en agissant dès maintenant dans les quatre domaines suivants.

  • Améliorer votre efficacité opérationnelle.
  • Diversifier vos sources de revenus et vos fournisseurs.
  • Répondre à vos besoins de financement.
  • Assurer l’engagement continu de vos employés.

Améliorer votre efficacité opérationnelle

On compte trois étapes critiques pour améliorer votre efficacité opérationnelle. La première est de comparer votre rendement à celui de vos concurrents. Utilisez les indicateurs de rendement clés. Effectuez des vérifications de vos processus et déterminez comment vous vous comparez. L’étape suivante consiste à éliminer le gaspillage, soit tout ce qui n’apporte aucune valeur ajoutée à vos clients. Voici quelques domaines courants à examiner:

  • Les stocks – Gérez vos stocks de manière à ce que les quantités soient suffisantes pour répondre aux ventes à court terme ou à la demande des clients.
  • Le surtraitement – Examinez le nombre de personnes qui participent à une opération et assurez-vous qu’elles sont toutes nécessaires.
  • La surproduction – Assurez-vous que vos employés produisent le nécessaire, quand cela est nécessaire.
  • Le temps d’arrêt – Est-ce que tout le monde travaille à son plein potentiel? Ou assiste-t-on à un encombrement des opérations pendant que les employés attendent des approbations ou des pièces?

Enfin, suivez et gérez votre rendement à l’aide de tableaux de bord et de réunions régulières.

En réduisant le gaspillage et en continuant à surveiller votre rendement, vous augmenterez votre productivité et vos profits, et vous serez en meilleure position pour faire face à un ralentissement. BDC offre de nombreux conseils précieux.

Diversifier votre clientèle

Lorsqu’un client représente 20 % ou plus de vos revenus, vous faites face à un risque de concentration de la clientèle. Avoir trop peu de clients vous rend vulnérable: vous pourriez voir votre entreprise dévastée si vous perdez l’un de vos gros clients. Même si cela ne se produit pas, cette dépendance limite votre pouvoir de négociation, surtout en période de ralentissement.

Une étude de BDC révèle que les entreprises les mieux diversifiées (en termes de nombre de clients, de gammes de produits ou de régions) connaissent de loin la croissance la plus rapide des revenus et des bénéfices. Selon l’étude, même les entreprises à faible diversification sont plus susceptibles d’afficher une bonne croissance de leurs revenus que les entreprises non diversifiées.

Toutefois, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), environ 30 % des entreprises canadiennes concentrent leurs opérations auprès d’un ou deux partenaires seulement, soit une proportion beaucoup plus élevée que chez les entreprises d’autres pays.

… et vos fournisseurs

Tout comme vous devriez diversifier vos sources de revenus parce que vous ne savez jamais quand un client peut disparaître, vous devriez également multiplier les sources desquelles vous achetez vos intrants. En diversifiant vos fournisseurs, vous réduisez le risque de perturbations et encouragez la concurrence sur les prix et la qualité. De plus, les recherches montrent que lorsque vous élargissez votre base de fournisseurs pour inclure des entreprises diversifiées et inclusives, vous obtenez un rendement des investissements beaucoup plus élevé: 133 % plus élevé, selon la société de conseil Hackett Group.

Obtenir dès maintenant un financement à long terme

Pendant les récessions, les banques réduisent leur offre de crédit. Durant la grande crise financière, de nombreuses entreprises ont été prises au piège, sans accès suffisant au crédit. Il a fallu du temps pour qu’elles puissent reconstruire leurs bilans. Les banques ont alors accordé le crédit plus lentement, jusqu’à ce que la situation financière des entreprises s’améliore.

Bien qu’il soit important de maintenir un niveau d’endettement prudent, il est bon d’agir tôt afin d’assurer le financement à long terme de vos projets futurs. À l’heure actuelle, les conditions du crédit demeurent très favorables: le dernier sondage de la Banque du Canada montre que les conditions de prêt sont positives pour les emprunteurs, surtout dans les régions à l’extérieur des Prairies.

N’oubliez pas que si vous éprouvez des difficultés, il faut en parler avec votre banquier. Demandez conseil à des experts afin d’élaborer un plan de restructuration et réorganiser votre financement. Pour d’autres conseils sur la restructuration, lisez cet article, qui met en vedette l’un des meilleurs banquiers de BDC.

Assurer l’engagement continu de vos employés

Comme toujours, vous voulez que vos employés travaillent à leur plein potentiel; mais en période de ralentissement économique, c’est encore plus essentiel. Pour vous assurer de garder un bon moral, une bonne productivité et la loyauté de vos employés, la meilleure solution est d’avoir un plan de gestion des ressources humaines novateur en place.

Après vous être assuré que tous les processus fonctionnent efficacement, vous voudrez vous assurer que le travail de chaque employé présente une valeur ajoutée. Déterminez les compétences recherchées pour chaque poste et assurez-vous que les bonnes personnes occupent les bons postes.

Un ralentissement économique pourrait être le bon moment pour offrir à vos employés des occasions de formation et de perfectionnement afin qu’ils puissent maintenir leurs compétences à jour et être prêts lorsque le rythme accélérera. Il peut aussi être judicieux de laisser partir ceux dont le rendement laisse à désirer.

Reconnaissez le travail des employés que vous gardez afin de les motiver.

Les employés engagés sont plus susceptibles de participer et d’aider à trouver des solutions pendant un ralentissement économique parce qu’ils partagent un but commun. Ensuite, lorsque l’économie finira par s’améliorer, vous n’aurez pas besoin de recruter.

Dans l’ensemble, le fait d’avoir un plan de ressources humaines novateur permet de réaliser des économies, car vous conserverez le savoir institutionnel, augmenterez la productivité et réduirez les coûts de recrutement.

Pour en savoir plus sur les meilleures pratiques en matière de ressources humaines, consultez ce rapport de BDC. Pour apprendre à créer un plan de RH efficace, cliquez ici.

En résumé

Le ralentissement économique est à nos portes. Si vous n’êtes pas encore prêt, mieux vaut tard que jamais.

Perspectives Canada

Affaiblissement des dépenses de consommation et des entreprises: un ralentissement de la croissance est à prévoir

L’économie canadienne, comme partout dans le monde, est en train de ralentir. Bien que les données du trimestre dernier affichent une forte croissance, celle-ci était alimentée par les exportations et non par la demande intérieure.

La demande intérieure (c’est-à-dire la consommation des ménages et des gouvernements, plus les investissements des entreprises), au contraire, s’est affaiblie. Les coupables? La baisse des dépenses des ménages et des investissements des entreprises.

Ralentissement des dépenses de consommation malgré la hausse des revenus

Les dépenses de consommation ont ralenti pour atteindre un rythme de 1,6 % au premier semestre de cette année, soit environ un pour cent en deçà de la moyenne historique. Les ménages ne semblaient pas non plus être d’humeur à dépenser en juillet (le dernier mois pour lequel des données sont disponibles), les ventes au détail réelles étant restées stables par rapport à l’année précédente.

Ce ralentissement des dépenses de consommation contraste avec la hausse du revenu des ménages, qui a augmenté de 4,5 % par rapport à l’an dernier. Les ménages ont choisi d’épargner davantage plutôt que de dépenser. Il y a cependant un autre facteur à considérer: le coût du service de la dette et ses répercussions sur le revenu disponible.

Le coût du service de la dette, soit la combinaison des remboursements de capital et des charges d’intérêts en pourcentage du revenu disponible, a atteint un sommet sans précédent au Canada, soit 14,9 %. Cela signifie que pour le Canadien moyen, sur chaque tranche de 100 $ de revenu disponible, 14,93 $ sont consacrés au remboursement de la dette. La raison pour laquelle le coût du service de la dette a augmenté de façon aussi spectaculaire est que le niveau d’endettement des ménages est très élevé et que les taux d’intérêt ont augmenté rapidement sur une période plutôt courte.

La hausse du prix des logements est peu susceptible de stimuler les dépenses de consommation

Le marché du logement s’est redressé dans de nombreuses villes. L’activité de revente est en hausse depuis mars. En août, le prix moyen des logements au Canada était en hausse de 3,5 % par rapport à l’an dernier, selon l’Association canadienne de l’immeuble. La réduction des taux d’emprunt des ménages depuis mars ainsi que la décision de la Banque du Canada d’abaisser le taux minimum applicable aux prêts hypothécaires de 5,34 % à 5,19 % en juillet sont favorables aux acheteurs.

L’amélioration du prix des logements a entraîné une hausse de la quantité de logements neufs et de rénovations au deuxième trimestre. Les mises en chantier et les permis de construire résidentiels ont repris en juillet et en août. Toutefois, il faudra un certain temps pour que le secteur de la construction puisse retrouver la forte croissance observée il y a quelques années.

De plus, il est peu probable que la remontée du prix des logements se traduise par une amélioration des dépenses de consommation à court terme. Selon une étude de la Banque du Canada, l’«effet de richesse», c’est-à-dire l’idée que l’on se sent plus riche et plus enclin à dépenser lorsque nos actifs s’apprécient sur papier, ne se traduit habituellement pas par une reprise des dépenses de consommation avant deux ans.

Dans l’ensemble, la consommation des ménages devrait rester modérée et la vente des biens et services devrait continuer à poser des difficultés pour les détaillants.

Ralentissement des exportations

Bien que les exportations aient stimulé la croissance au deuxième trimestre, il semble peu probable qu’elles continuent d’afficher des résultats aussi solides. Les produits énergétiques et métalliques se portent bien, mais les produits industriels (produits chimiques, caoutchouc et machines) et les biens de consommation semblent accuser un ralentissement. Le ralentissement de la croissance mondiale constitue un risque pour les exportations canadiennes.

La Banque du Canada devrait tenir le cap

Considérant que l’inflation se situe tout juste sous le taux cible (à 1,9 % en août), la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 1,75 %. Comme nous l’avons mentionné dans l’article du mois dernier, la Banque doit composer à la fois avec le haut niveau d’endettement des ménages et le ralentissement mondial. Si la Banque estime que les risques de baisse à l’échelle mondiale l’emportent sur les inquiétudes suscitées par le haut niveau d’endettement des ménages, elle pourrait opter pour une baisse des taux, mais probablement pas avant la fin de l’année.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Les consommateurs risquent de continuer de réduire leurs grosses dépenses. Les détaillants pourraient donc devoir accroître la valeur ajoutée de leur offre de produits afin d’effectuer ces ventes.
  2. Il est peu probable que l’incertitude disparaisse de sitôt. Jetez un coup d’œil à l’article principal de ce mois-ci qui offre des conseils pour faire face à un ralentissement.
  3. Le secteur de la construction s’améliore lentement, ce qui devrait permettre de soutenir les industries connexes, comme les fabricants de bois d’œuvre et les grossistes en matériaux de construction.
Perspectives États-Unis

La baisse des taux d’intérêt soutient l’économie américaine

Confrontée à un ralentissement de l’économie et craignant que le conflit commercial avec la Chine ne fasse encore plus de ravages, la Réserve fédérale a pris certaines précautions. Elle a abaissé son taux directeur à deux reprises cet été, le faisant passer de 2,5 % à 2 %. La croissance du PIB a été de 2 % au deuxième trimestre en raison de la baisse des investissements, qui a freiné l’économie.

La baisse des taux d’intérêt est favorable au marché de l’habitation

De décembre 2015 à décembre 2018, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 2,25 %. Cette hausse a eu une incidence claire sur le secteur du logement. Les investissements dans les logements résidentiels ont ralenti au cours des six derniers trimestres.

Toutefois, les récentes baisses de taux d’intérêt semblent être favorables au secteur. Les mises en chantier ont augmenté de 12 % en août par rapport à juillet, atteignant leur niveau d’avant la crise pour la première fois en plus de dix ans. Le nombre de permis de construction résidentielle a également augmenté de 8 % par rapport au mois de juillet.

Des taux d’intérêt plus bas peuvent favoriser l’investissement des entreprises

Le ralentissement récent des investissements des entreprises s’explique en grande partie par la baisse des dépenses dans le secteur du pétrole et du gaz. En revanche, les achats d’équipement et les investissements dans la recherche et les logiciels ont continué d’augmenter.

L’an dernier, l’investissement dans le pétrole et le gaz était solide. Selon la Banque fédérale de réserve de Dallas, il représentait plus d’un quart de la croissance des investissements des entreprises. À l’époque, cet investissement était logique, puisque les prix du pétrole étaient en moyenne de 67 $ US le baril au cours des neuf premiers mois de 2018.

Cette année, toutefois, les prix du pétrole se sont négociés à environ 10 $ US le baril de moins. Le seuil de rentabilité nécessaire pour que le forage de puits soit rentable pour les producteurs se situe entre 48 et 54 $ US le baril, selon une enquête de la Banque fédérale de réserve de Dallas. Considérant que le prix du West Texas Intermediate se négocie autour de 57 $ US le baril, le ralentissement de l’investissement n’est pas surprenant.

Bien que la baisse des investissements des entreprises puisse être attribuée en partie à la baisse des prix du pétrole, le coût du capital a également augmenté au cours de cette période, poussant les entreprises à freiner leurs dépenses d’investissement. Les sociétés pétrolières et gazières subissent de plus en plus de pressions de la part des investisseurs pour générer de la trésorerie. Reste à savoir si les baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale suffiront à stimuler davantage l’investissement dans le secteur ou à permettre un meilleur rendement du capital investi.

Les baisses de taux d’intérêt pourraient permettre d’améliorer le niveau de confiance

Avec le conflit commercial avec la Chine qui s’intensifie et la faible probabilité d’une résolution, la confiance des entreprises américaines continue de chuter. Selon l’indice de l’Organisation de coopération et de développement économiques, la confiance des entreprises américaines a chuté chaque mois depuis un an. L’incertitude quant aux tarifs douaniers et leur incidence sur les chaînes d’approvisionnement a un effet ravageur sur les entreprises, surtout dans le secteur manufacturier.

Selon l’indice du Conference Board, la confiance des consommateurs a chuté de neuf points en septembre. De nouveaux tarifs sur les biens de consommation sont entrés en vigueur le 15 octobre et d’autres sont attendus le 1er décembre. La confiance des consommateurs en sera probablement de nouveau affectée.

Ralentissement du marché du travail

Avec de faibles taux de chômage par rapport à la moyenne historique dans la majeure partie du pays, la création nette d’emplois a ralenti, passant d’environ 200 000 par mois en moyenne entre 2012 et 2018 à 160 000 jusqu’à présent cette année, ce qui se situe toujours au-delà du niveau nécessaire à la croissance.

Toutefois, la création d’emplois dans le secteur manufacturier a connu une forte baisse, passant d’un rythme mensuel moyen de 52 000 emplois l’an dernier à seulement 16 000 par mois cette année. La croissance de l’emploi dans le secteur des services a également ralenti, mais pas de façon aussi spectaculaire.

Le conflit commercial est peut-être à l’origine du ralentissement de la croissance de l’emploi dans le secteur manufacturier. Tandis que les entreprises cessent leurs activités en Chine au profit d’autres marchés tels que l’Inde, le Bangladesh et le Vietnam, il sera peut-être nécessaire d’interrompre les activités manufacturières jusqu’à ce que les nouveaux sites soient établis.

Dans l’ensemble, l’économie américaine accuse un ralentissement, mais elle n’est toujours pas près d’entrer en récession. Le marché prévoit au moins une autre baisse des taux d’intérêt d’ici décembre, compte tenu du conflit commercial non résolu avec la Chine et de ses répercussions sur le secteur manufacturier.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Malgré le ralentissement de l’économie, le marché américain continue de croître et offre des occasions aux exportateurs canadiens.
  2. La dépréciation du dollar canadien par rapport au billet vert procure aux exportateurs un avantage sur les exportations d’autres pays, dont bon nombre sont maintenant assujettis à des tarifs douaniers.
  3. Les taux d’intérêt aux États-Unis pourraient baisser au cours des prochains mois, ce qui signifie que les coûts d’emprunt pourraient chuter encore davantage.
Point sur le marché du pétrole

Un choc géopolitique cause un affaiblissement des marchés du pétrole

La récente attaque contre des installations pétrolières de l’Arabie saoudite a semé la frayeur sur les marchés du pétrole, entraînant une forte hausse des prix. Soudain, après plusieurs mois d’absence, les prix du pétrole se retrouvaient à nouveau assujettis à une prime de risque géopolitique.

Depuis lors, cependant, les prix ont chuté en raison de la faiblesse de la demande mondiale sur le marché.

Les attentats du 14 septembre contre la plus grande raffinerie de pétrole du monde, la raffinerie Abqaiq de Saudi Aramco et le deuxième champ pétrolier d’Arabie saoudite à Khurais ont temporairement détruit près de 6 % des réserves mondiales de pétrole, soit 5,7 millions de barils par jour (Mb/j), l’équivalent de la moitié de la production du pays.

Les prix du pétrole ont grimpé en flèche le 16 septembre, le baril de Brent s’étant négocié avec une hausse de près de 12 $ US le baril sur les marchés intrajournaliers pour finir la journée en hausse de 9 $ US le baril. Le prix du West Texas Intermediate a clôturé la journée en hausse de 8 $ US le baril, et même le Western Canadian Select du Canada a augmenté de plus de 6 $ US le baril.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la quantité de pétrole retirée du marché est la plus importante de l’histoire récente, dépassant la perte de production enregistrée en août 1990 lors de l’invasion du Koweït par Saddam Hussein et en 1979 pendant la révolution islamique en Iran.

Les Saoudiens se mobilisent pour calmer la situation

Le ministre saoudien du pétrole a tenté de calmer les marchés en déclarant que la production pétrolière reviendrait à la normale d’ici la fin du mois. En outre, il a déclaré que le pays respecterait tous les contrats en puisant dans les stocks existants et en utilisant du brut provenant d’autres gisements.

Au départ, les marchés étaient sceptiques et les prix sont demeurés plus élevés de 3 à 5 $ le baril par rapport aux prix d’avant l’attentat.

Mais le 25 septembre, l’Arabie saoudite avait repris ses activités à pleine capacité, et les prix ont chuté par la suite. À l’heure actuelle, les prix sont inférieurs à ce qu’ils étaient avant les attentats.

L’affaiblissement de la demande pèse sur les prix du pétrole

Les prix du pétrole chutent parce que la demande diminue. Les prévisions de croissance de la demande sont à la baisse depuis quelques mois en raison du ralentissement de la croissance économique mondiale. L’AIE prévoit que la croissance de la demande de pétrole ralentira pour atteindre 1 million de barils par jour en 2019. L’Energy Information Administration des États-Unis, quant à elle, est plus pessimiste et prévoit une demande de seulement 0,9 million de barils par jour pour 2019.

Une source importante de la demande de pétrole provient du commerce international: la fabrication de marchandises en usine et leur transport à l’étranger par bateau, puis par camion à l’intérieur des pays. Le commerce mondial des marchandises accuse un ralentissement depuis l’automne dernier, selon le Bureau d’analyse des politiques économiques des Pays-Bas.

Les dernières données sur le commerce datent de juillet et, par conséquent, ne reflètent pas la plus récente exacerbation du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Les tarifs de douane américains ont été imposés sur un plus grand nombre de biens (principalement des produits de consommation) en septembre et, le 15 octobre, les tarifs imposés sur la tranche initiale de 250 milliards de dollars américains d’importations chinoises sont passés de 25 à 30 %. Ces taxes créent une distorsion (l’effet habituel des tarifs de douane) qui viendra ralentir encore davantage le commerce et la croissance à l’échelle mondiale.

En résumé

Les prix mondiaux du pétrole vont probablement continuer de baisser à mesure que la demande diminue.

Autres indicateurs économiques

Le taux directeur devrait demeurer inchangé

La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 1,75 % ce mois-ci. Bien que le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis constitue une menace pour l’économie mondiale, son incidence sur le Canada a été limitée jusqu’ici. Se reporter à l’article principal de septembre pour plus d’information.

Le huard affiche une légère baisse

Le dollar canadien s’est apprécié de moins de 1 % par rapport au dollar américain au cours du mois de septembre. Le ralentissement de la croissance économique à l’échelle mondiale pourrait représenter une menace pour les exportations canadiennes et exercer des pressions supplémentaires sur le huard.

Le niveau de confiance diminue légèrement

La confiance des propriétaires de PME a légèrement baissé en septembre. L’indice du Baromètre des affaires de la FCEI a perdu un peu plus d’un point pour s’établir à 59,3, en baisse de 60,6. Il se situe en deçà de la barre des 60 points (un indice compris entre 65 et 70 signifie que l’économie croît conformément à son potentiel). La hausse est généralisée, concernant huit des dix provinces. Les provinces les plus optimistes demeurent le Québec (68,8) et la Nouvelle-Écosse (68,5), qui ont progressé d’un point chacune. La confiance des propriétaires de PME dans les provinces riches en ressources (Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique) s’est affaiblie. Pour ce qui est des industries, les secteurs des services professionnels, de la santé et de l’information se situent au-dessus de la moyenne nationale, tandis que les secteurs des transports, de l’agriculture, du commerce de détail et de la construction se situent en dessous.

Les taux effectifs sont restés stables en septembre

Les taux d’intérêt des ménages et des entreprises sont demeurés relativement stables au cours du mois, reflétant la stabilité du taux directeur de la Banque du Canada et des obligations à cinq ans du gouvernement du Canada.

Indicateurs clés: Canada

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