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Lettre économique mensuelle

Décembre 2018
Article vedette

Plus de volatilité à prévoir pour le dollar après une année 2018 en dents de scie

Il semble bien qu’il n’y aura pas de relâchement dans les turbulences du dollar canadien en 2019 après une année de fluctuations provoquées par les marchés pétroliers volatils, la hausse des taux d’intérêt et les tensions commerciales.

Alors que 2018 tire à sa fin, le huard est descendu à environ 0,75 $US, soit 5 cents en deçà d’où il a commencé l’année.

Bien qu’il soit difficile de prévoir la valeur d’une devise, nous nous attendons à ce que le huard s’apprécie un peu au cours de l’année 2019 et passe à environ 78 cents, grâce à un raffermissement des prix du pétrole et à la poursuite de la croissance économique.

Les prix du pétrole auront le plus grand impact

Les industries pétrolières et gazières représentent environ 9 % de l’économie canadienne, tandis que les produits énergétiques constituent environ 20 % des exportations. C’est pourquoi les fluctuations de la demande de pétrole et de gaz, qui sont exprimées à l’échelle mondiale en dollars américains, expliquent en grande partie la volatilité du huard par rapport au dollar américain.

Comme le graphique ci-dessous l’indique, le dollar canadien suit de près les prix du pétrole. Lors de leur chute en 2014, le huard s’est également effondré. Toutefois, lorsque les prix du pétrole ont remonté, le dollar canadien n’a pas connu un rebond aussi spectaculaire. Entre autres facteurs, l’incertitude entourant la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain a pesé sur le dollar canadien.

Les prix du pétrole ont connu une année en dents de scie, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ayant d’abord appliqué des restrictions sur l’offre, avant que l’Arabie saoudite et la Russie l’accroissent, convaincues que les sanctions américaines imposées à l’Iran limiteraient l’offre mondiale.

Plus récemment, l’OPEP et la Russie ont accepté de réduire l’offre pour 2019, ce qui signifie que les prix risquent de remonter à environ 60 $US/baril pour le West Texas Intermediate. Le dollar canadien devrait reprendre de la vigueur à mesure que les prix du pétrole augmentent.

L’écart entre les taux d’intérêt continuera de nuire au dollar

Au sud de la frontière, les réductions d’impôt ont stimulé la croissance économique et fait grimper l’inflation. La Réserve fédérale a réagi avec de multiples augmentations de son taux directeur, qui est actuellement à 2,25 %. L’an prochain, les taux d’intérêt risquent de continuer de croître, mais plus lentement que cette année.

Le ralentissement de la croissance économique au Canada a amené la Banque du Canada à accroître son taux, qui est présentement à 1,75 %, plus lentement. En outre, compte tenu de la baisse récente des prix du pétrole au Canada, les taux d’intérêt ne monteront sans doute pas beaucoup l’an prochain.

L’écart de 50 points de base entre les taux directeurs des deux pays crée une pression à la baisse sur le huard, ce qui compense partiellement la hausse des prix du pétrole.

La volatilité des marchés financiers pourrait nuire au huard

De plus, les marchés financiers ont récemment connu une volatilité accrue, qui est due en partie à la hausse des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi qu’aux préoccupations quant à la durabilité de la croissance mondiale. Comme les États-Unis sont le principal partenaire commercial du Canada (ils représentent plus de 70 % des exportations canadiennes de biens et de services), il s’agit d’un autre facteur de volatilité pour le dollar.

Conclusion

Au cours de l’année à venir, de nombreux facteurs auront une incidence sur la valeur du dollar, mais nous croyons que la croissance continue de l’économie canadienne et l’amélioration des prix du pétrole devraient contribuer à ce que le huard s’échange plus près de 78 cents. Il pourrait toutefois avoir des difficultés à dépasser les 80 cents.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. L’avantage d’un huard faible est que les exportations canadiennes sont moins coûteuses pour les clients américains. En outre, le tourisme au Canada est plus attrayant pour les Américains, tandis que les Canadiens auront un incitatif à passer leurs vacances au pays.
  2. Examinez les intrants que vous utilisez dans vos produits. Si vous devez les importer, déterminez si vous pouvez attendre que le huard s’apprécie.
  3. Tant les exportateurs que les importateurs doivent tenir compte des fluctuations des devises dans leurs plans d’affaires. Pensez à la façon dont vous pouvez atténuer le risque de change.
Perspectives Canada

L’économie du Canada performe comme prévu

L’économie canadienne, qui a progressé de 2,0 % au troisième trimestre (en rythme annualisé), évolue globalement en phase avec les attentes de la Banque du Canada.

La croissance connaît un ralentissement par rapport à 2017, car les taux d’intérêt ont augmenté de 1,25 % au cours de la dernière année.

Les consommateurs ressentent les effets de cette augmentation : les dépenses des ménages ont effectivement ralenti à un rythme annualisé de 1,2 %, contre un 2,9 % en moyenne depuis 2000.

Bien que les ventes au détail aient augmenté de 2 % en septembre (en valeur réelle) comparativement à l’année dernière—la meilleure performance mensuelle cette année—elle est inférieure au rythme moyen de 3,5 % enregistré pendant les cinq dernières années. Les ventes au détail de produits et services de santé continuent de connaître une excellente croissance. En revanche, les ventes de meubles, de matériaux de construction et d’accessoires et fournitures de jardin ont fléchi. Cela n’est guère surprenant, compte tenu du fait que les ventes de maisons ont reculé de 8 % à l’échelle nationale par rapport à l’année dernière. Le prix des maisons a baissé durant les deux derniers mois, même s’il demeure dans l’ensemble plus élevé qu’à la même période l’an dernier.

Selon les dernières données de l’indice de confiance des consommateurs publiées par Bloomberg/Nanos, rien ne laisse présager qu’on assistera à une forte reprise des ventes, vu l’évolution à la baisse de cet indice au cours du dernier mois. Les données actuelles sur les finances personnelles, la sécurité d’emploi, les perspectives pour l’économie canadienne et les valeurs immobilières se situent toutes en deçà de la moyenne de l’année courante et de celle des dix dernières années.

Malgré la faiblesse de ces niveaux de confiance, on a assisté à une forte création d’emplois en novembre (+ 94 000). Il s’agit dans la grande majorité des cas de postes à temps plein dans le secteur privé. Cette forte croissance a ramené le taux de chômage national à un creux historique de 5,6 %.

De nouveaux incitatifs fiscaux devraient favoriser la croissance des investissements

Bien que les investissements des entreprises aient diminué au troisième trimestre, ils demeurent plus élevés qu’il y a un an. Étant donné que les investissements du secteur pétrolier et gazier ne représentent plus que la moitié de leurs niveaux d’avant la chute des prix du pétrole en 2014 (ils tournent autour d’environ 40 milliards de dollars par année en moyenne, contre 75 milliards de dollars par année avant la baisse des cours du pétrole), les niveaux d’investissement sont inférieurs à ceux constatés pendant cette période.

Les changements fiscaux apportés récemment par le gouvernement fédéral devraient favoriser les investissements, car les entreprises peuvent immédiatement passer en charges les biens d’équipement admissibles.

Par exemple, les entreprises de fabrication et de transformation qui achètent des machines et du matériel peuvent utiliser une déduction pour amortissement accéléré de 100 % pour amortir complètement l’investissement. Les investissements dans l’énergie propre sont admissibles au même traitement. Les achats d’ordinateurs et de logiciels peuvent bénéficier de l’Incitatif à l’investissement accéléré qui permet d’amortir à 100 % ces immobilisations. D’autres types de biens d’équipement sont admissibles à des taux de déduction différents. Ces taux sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Ces nouvelles règles aideront le Canada à devenir plus concurrentiel par rapport aux États-Unis en tant que destination de choix pour les investissements. L’an passé, les États-Unis ont en effet réduit le taux d’imposition des sociétés et permis aux entreprises de radier plus facilement leurs dépenses d’investissement. Les règles canadiennes resteront en vigueur plus longtemps que les règles américaines et s’appliqueront aux logiciels, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis.

Des taux d’intérêt en progression constante

Dans un contexte où les taux d’intérêt sont en progression constante, l’adoption des nouvelles mesures incitatives par le gouvernement arrive à point nommé pour stimuler les investissements des entreprises.

Bien que le taux d’inflation global soit passé de 2,2 % à 2,4 % entre septembre et octobre, principalement en raison de la hausse des prix des automobiles, des tarifs aériens et des services téléphoniques, la moyenne des mesures privilégiées de l’inflation fondamentale de la Banque du Canada correspond exactement à la cible de 2 %.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé au début de décembre, soulignant que la récente baisse des prix du pétrole aura des répercussions sur le secteur canadien de l’énergie. La Banque a également exprimé ses préoccupations en ce qui concerne les tensions commerciales entre les États-Unis et d’autres pays, en particulier la Chine. Les conséquences de ces tensions commerciales sur la croissance mondiale et les prix du pétrole influeront sur la décision de la Banque de hausser les taux d’intérêt à l’avenir.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Les consommateurs continueront à réduire les gros achats qu’ils font à crédit, de sorte que les détaillants pourraient devoir accroître la valeur de leur offre de produits pour réaliser ces ventes.
  2. Pensez à la façon dont un investissement aujourd’hui vous permettra d’améliorer vos produits et votre efficacité dans le but d’augmenter vos marges.
  3. Bien que les taux d’intérêt augmentent, ils demeurent bas, ce qui signifie que les coûts d’emprunt pour de nouveaux investissements vont rester abordables pendant quelque temps.
Perspectives États-Unis

La volatilité accrue n’a pas encore d’incidence importante sur la croissance américaine

La croissance économique demeure vigoureuse aux États-Unis. En effet, au troisième trimestre, elle s’est élevée à 3,5 % (en rythme annualisé). La majorité des prévisionnistes s’attendent à ce que cette vigueur se poursuive en 2019 et tablent sur une croissance de 2,7 % l’an prochain. Actuellement, l’économie américaine se porte bien, les dépenses de consommation contrebalançant les effets du ralentissement de la croissance des investissements et de la hausse de la volatilité.

La croissance des dépenses de consommation demeure stable

Les dépenses de consommation, qui comptent pour environ 70 % du produit intérieur brut, ont continué d’augmenter à un rythme soutenu. Le plan fiscal de décembre dernier profite aux ménages et grâce à la baisse de 5 % du prix de l’essence, ceux-ci bénéficient d’un revenu disponible plus élevé.

La croissance des investissements ralentit

Le plan fiscal a considérablement influencé les investissements des entreprises américaines, qui ont monté en flèche au premier semestre, mais ont décéléré au troisième trimestre. La volatilité accrue sur les marchés financiers, en partie en raison de l’intensification des tensions commerciales et des préoccupations relatives à la croissance mondiale, peut avoir contribué au ralentissement des investissements des entreprises dans les immobilisations corporelles.

Cette année, la croissance des investissements résidentiels a diminué chaque trimestre, car la hausse des taux d’intérêt fait en sorte qu’il en coûte plus aux ménages pour acheter une maison (voir le graphique).

Les tensions commerciales engendrent de la volatilité

Malgré l’exposition limitée de l’économie américaine aux échanges commerciaux (les importations et les exportations ne représentent que 32 % du PIB du pays, comparativement à 50 % pour la Chine et à 64 % pour le Canada), les tensions commerciales créent plus de volatilité sur les marchés financiers. Cette volatilité est attribuable au fait que les États-Unis et la Chine sont les plus grandes économies au monde et que plus il faudra de temps pour dénouer les tensions, plus ces deux pays risquent de connaître un ralentissement.

Comme l’économie américaine fonctionne au-delà de sa capacité, le déficit commercial des États-Unis s’est encore détérioré en octobre, atteignant 603 milliards de dollars US pour les 12 derniers mois. Même si les droits de douane imposés par Washington sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises et les droits d’importation sur l’acier et l’aluminium provenant de divers pays, y compris du Canada, restent en vigueur, les entreprises et les consommateurs américains continuent d’acheter certains produits étrangers.

Les tensions commerciales semblent s’adoucir entre les États-Unis et la Chine, compte tenu de l’annonce effectuée le 1er décembre, à savoir que l’augmentation des droits de douane américains (qui doivent passer de 10 % à 25 %) sur 200 milliards de dollars US d’importations chinoises, serait reportée de 90 jours afin de permettre aux deux pays de négocier.

Les États-Unis veulent augmenter leurs exportations de produits agricoles, énergétiques et industriels vers la Chine, mais cherchent aussi à régler des problèmes « structurels », c’est-à-dire le fait que Pékin exige que les sociétés étrangères voulant investir en Chine forment des coentreprises avec des sociétés chinoises. Les États-Unis soutiennent que ces coentreprises forcent les transferts technologiques entre les sociétés des deux pays.

Bien que la Chine puisse augmenter les importations de produits américains, il semble peu probable qu’elle accepte de changer ses politiques relatives aux technologies et aux subventions industrielles.

La volatilité se fera sentir pendant encore quelques mois

À la suite des récents commentaires du président de la Réserve fédérale, les attentes ont été revues à la baisse quant aux hausses des taux d’intérêt au cours de l’année à venir, mais la possibilité d’une augmentation de 25 points de base, le 19 décembre, demeure élevée. Cela s’explique par le fait que l’inflation se rapproche de la cible depuis que les salaires augmentent. Le taux de chômage se situe à un creux historique de 3,7 %. Les entreprises relèvent donc les prix en raison de la pénurie de main-d’œuvre et, dans certains cas—plus particulièrement dans le secteur de la fabrication—à cause des coûts supérieurs découlant des droits de douane.

Des taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis signifient un resserrement des conditions financières mondiales.

La volatilité sur les marchés financiers restera élevée compte tenu de ce resserrement et les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis sont susceptibles de se prolonger jusqu’en mars.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. La hausse des taux d’intérêt aux États-Unis a une incidence sur les conditions financières mondiales. Quiconque emprunte en dollars US verra ses frais d’intérêt augmenter, y compris les banques qui empruntent sur le marché de gros. Les banques refileront probablement ces coûts plus élevés sur les entreprises et les consommateurs canadiens qui empruntent en dollars canadiens.
  2. La croissance plus forte aux États-Unis qu’au Canada se traduit par une baisse du huard. Les Canadiens qui exportent aux États-Unis seront plus concurrentiels, mais les entreprises canadiennes devront assumer des coûts plus élevés pour importer des biens et services des États-Unis.
  3. Une forte volatilité nourrit la peur et peut amener les entreprises à retarder leurs projets d’investissement.
Point sur le marché du pétrole

Au cours des dernières semaines, les prix de référence mondiaux du pétrole, le Brent et le West Texas Intermediate (WTI), ont connu une forte hausse suivie d’une chute marquée.

Pendant la majeure partie des mois de septembre et d’octobre, les prix du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) ont augmenté en raison de la crainte d’une pénurie de l’offre découlant de l’imposition, le 4 novembre, de sanctions américaines sur l’Iran. Ces sanctions auraient pu soustraire jusqu’à 2 millions de barils par jour (Mb/j) des marchés mondiaux.

Puis, à la fin d’octobre et en novembre, les prix ont chuté, car la hausse de l’offre a été supérieure à ce que les marchés avaient anticipé.

Trois forces sont en jeu dans l’augmentation de l’offre

Contrairement aux attentes, les États-Unis ont accordé à divers pays une dérogation de six mois leur permettant de continuer à acheter du pétrole iranien. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine, l’Inde, la Turquie et la Corée ont obtenu de telles dérogations sur au moins 870 000 b/j.

Les prix élevés ont incité l’Arabie saoudite et la Russie à pomper davantage de pétrole. Ces deux pays ont atteint une production d’environ 11 Mb/j chacun en octobre et en novembre, ajoutant approximativement 500 000 b/j aux marchés mondiaux.

Enfin, les producteurs américains pompent plus que jamais (ayant atteint la marque de 11,7 Mb/j en novembre) et la croissance a été remarquable (hausse de 20 % comparativement à il y a un an). Pour 2019, l’Energy Information Administration des États-Unis prévoit que la production de pétrole brut va augmenter jusqu’à 12 Mb/j.

Les prix du pétrole canadien baissent parmi une augmentation de la production

Le pétrole canadien, plus particulièrement le Western Canadian Select (WCS), n’a pas participé à cet essor des prix. D’ailleurs, l’écart entre le cours du WCS et celui du WTI s’est considérablement creusé.

La raison principale est la suivante : la production dépasse la capacité pipelinière disponible

La capacité pipelinière actuelle à partir de l’Ouest du Canada est de 3,9 Mb/j, tandis que la production moyenne de pétrole canadien s’élève à 4,6 Mb/j (hausse de 400 000 b/j par rapport à 2017) et provient à 90 % de l’Alberta et de la Saskatchewan. Le pétrole lourd représente à peu près la moitié de la production pétrolière au Canada.

L’autre raison importante expliquant la récente accentuation de cet écart est la fermeture de raffineries américaines pour entretien, ce qui a entraîné une réduction de la capacité de production de 2,2 Mb/j en octobre. Les raffineries américaines achètent beaucoup de pétrole lourd canadien. En fait, 80 % des exportations pétrolières canadiennes sont constituées de pétrole lourd. Ces raffineries ont considérablement investi dans des processus complexes de transformation du pétrole lourd en produits légers à basse teneur en soufre dont les consommateurs et les entreprises ont besoin, comme l’essence, le diesel et le carburéacteur.

L’effondrement des prix est également attribuable aux questions qui entourent la durabilité de la demande de pétrole

La croissance de la demande de pétrole devrait rester solide (1,4 Mb/j pour 2019) selon l’Agence internationale de l’énergie, mais elle sera vraisemblablement répartie de manière plus inégale, tout comme les prévisions pour la croissance de l’économie mondiale.

La confiance à l’égard de la croissance mondiale s’est affaiblie dernièrement. Le Fonds monétaire international et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques ont révisé leurs prévisions à la baisse pour cette année et l’année suivante, dans un contexte de ralentissement des échanges commerciaux découlant des tensions entre les États-Unis et la Chine.

Historiquement, la croissance économique stimule la demande de pétrole. Les choses continueront ainsi jusqu’au moment où d’autres sources d’énergie deviendront dominantes.

Jusqu’à maintenant, la demande de pétrole aux États-Unis et en Chine demeure robuste. Aux États-Unis, le diesel est particulièrement en demande dans le secteur du camionnage. Deux grands secteurs tiennent celui du camionnage occupé : le commerce de gros et de détail, vu la place de plus en plus grande occupée par le commerce électronique dans l’économie, et le pétrole et le gaz de schiste, où la production explose.

Il en va toutefois autrement dans les marchés émergents. Comme la valeur des monnaies locales a diminué par rapport à celle du dollar US, la demande de pétrole ralentit. Cela s’explique par le fait que les prix du pétrole sont établis en dollars US. Par conséquent, lorsque le dollar US s’apprécie, le baril de pétrole devient plus cher en monnaie locale. L’Inde, l’Argentine et le Brésil ont été particulièrement touchés par cette situation. Cependant, la récente chute des prix de référence mondiaux du pétrole aidera ces pays à se payer les produits pétroliers dont ils ont besoin pour continuer de croître.

Conclusion

L’analyse fondamentale de l’offre et de la demande de pétrole place les prix mondiaux dans la fourchette allant de 60 $US à 70 $US le baril. Quand des facteurs géopolitiques prennent une place prépondérante dans le marché, les prix deviennent plus volatils. C’est pourquoi les sanctions américaines imposées à l’Iran ont initialement fait monter les prix, mais ceux-ci ont redescendu lorsque l’offre a augmenté. Compte tenu de la récente décision de l’OPEP+1 de réduire la production de 1,2 Mb/j en 2019, on devrait observer une légère hausse par rapport aux prix au comptant de 53 $US/b et de 61 $US/b relevés au début de décembre.


1. L’OPEP+ est l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Algérie, Angola, Équateur, Guinée équatoriale, Gabon, Iran, Iraq, Koweït, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Venezuela, Libye, Nigeria, Congo) et le « + » inclut l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Mexique, Oman, la Russie, Bahreïn, Brunei, la Malaisie, le Soudan et le Soudan du Sud.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada maintient le taux d’intérêt directeur inchangé

Le 5 décembre, la Banque du Canada a maintenu le taux de financement à un jour à 1,75 %. Dans sa déclaration, la Banque a souligné que l’économie progresse comme prévu, mais que la récente chute des prix du pétrole, en particulier du pétrole brut de l’Ouest canadien, aurait des répercussions sur l’activité dans le secteur énergétique canadien. La Banque a indiqué que le marché de l’habitation s’adaptait aux hausses des taux d’intérêt. Elle a également noté que les changements récents en matière d’impôt à l’échelon fédéral favoriseraient l’investissement et les exportations, puisque les entreprises augmentent leurs capacités.

Le huard continue de chuter

Le dollar canadien s’est déprécié par rapport au dollar américain, à 0,75 $ US pour le mois de novembre, ce qui représente un creux en cinq mois. La chute récente des prix mondiaux du pétrole, ainsi que l’écart grandissant entre le taux d’intérêt du Canada et celui des États-Unis, exercent une pression à la baisse sur le huard. L’incertitude suscitée par les tensions mondiales risque de contribuer à de nouvelles pressions à la baisse en 2019.

La confiance des entrepreneurs stagne

La confiance des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) du Canada a à peine augmenté en novembre. L’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a connu une hausse négligeable de 0,7 point pour se fixer à 61,2 points. Le niveau d’optimisme des PME s’est considérablement détérioré au Québec et en Nouvelle-Écosse avec un déclin de plus de cinq points entre novembre et octobre dans ces provinces. Malgré la chute récente des prix du pétrole brut, la confiance des PME de l'Alberta ne s'est pas détériorée, bien qu'un peu plus d'entrepreneurs s'attendent à de meilleurs résultats au cours des 12 prochains mois que ceux qui s'attendent à un rendement plus faible. Cependant, ce n’est pas le cas en Saskatchewan, qui est la province la plus pessimiste ce mois-ci.

Les conditions de crédit deviennent lentement de moins en moins accommodantes

À l’heure actuelle, les taux d’intérêt effectifs pour les entreprises et les particuliers sont d’environ 4 %. Les Canadiens n’ont pas fait face à des taux d’intérêt aussi élevés depuis le printemps 2009. Bien que les taux d’intérêt continuent à croître, les conditions de crédit demeurent historiquement accommodantes. Les banques n’ont pas encore transféré toutes les augmentations du taux directeur à leurs clients. Compte tenu des déclarations de la Banque du Canada visant à ramener le taux directeur dans une fourchette neutre, nous prévoyons d’autres augmentations l’an prochain. Les conditions de crédit se resserreront probablement progressivement en 2019.

Indicateurs clés : Canada

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