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Lettre économique mensuelle

Décembre 2017
Article vedette

Perspectives économiques 2018: la croissance mondiale apporte de bonnes nouvelles aux entrepreneurs canadiens

Toutes les économies affichent une année record, et ce n’est pas terminé

Les beaux jours sont de retour pour l’économie mondiale, et c’est une bonne nouvelle pour les entrepreneurs canadiens.

Le Canada a eu une croissance économique remarquable de 2,9 % en 2017, après avoir affronté le choc pétrolier des deux dernières années. Notre économie est sur une base solide. Son expansion est généralisée, puisque tous les secteurs y contribuent. Nos exportations de biens sont en hausse de 8,7 % par rapport à l’an dernier. Les investissements dans les entreprises, élément essentiel à la croissance continue, se sont également améliorés. Simultanément, le marché du travail canadien a été vigoureux, puisque 343 000 emplois se sont ajoutés à ce jour, la majorité d’entre eux étant des emplois à temps plein.

Même si la croissance de l’économie canadienne est appelée à ralentir pour s’établir à environ 2 % en 2018, ce taux reste satisfaisant. D’un point de vue provincial, l’Alberta, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan et l’Ontario seront les moteurs de la croissance, avec des prévisions de croissance de plus de 2 % pour l’année prochaine, tandis que les provinces du Canada atlantique afficheront des taux de croissance de l’ordre de 1 % et moins.

L’Europe, moteur de la croissance du commerce mondial

Le Canada est une économie ouverte et, à ce titre, sa performance a été et continuera d’être synchronisée avec le reste de l’économie mondiale. En phase avec le regain de confiance de la part des entreprises et des consommateurs, le commerce mondial et les investissements ont fini par rebondir de leurs creux récents. Le commerce mondial devrait atteindre 3,6 % cette année—un bond considérable par rapport à sa croissance de 1,3 % en 2016, et l’Organisation mondiale du commerce prévoit qu’il progressera de 3,2 % en 2018.

L’Europe a été le moteur de la croissance du commerce mondial. En fait, les importations européennes ont fait autant pour la croissance du commerce mondial que les importations américaines et chinoises réunies. La croissance économique en Europe devrait atteindre 2,4 % en 2017 et 2,1 % en 2018, selon le Fonds monétaire international. Il s’agit d’excellentes nouvelles pour les exportateurs canadiens qui se préparent à profiter de l’Accord économique et commercial global (AECG) adopté récemment. L’AECG leur ouvre un marché de plus de 510 millions de personnes, soit 22 % du PIB mondial.

Les deux autres principales économies mondiales—les États-Unis et la Chine—ont également progressé cette année. Aux États-Unis, ce sont les ménages qui ont le plus contribué à cette progression, tandis qu’en Chine, la transition vers une croissance attribuable à la consommation continue de faire son chemin. Les États-Unis devraient poursuivre leur expansion l’année prochaine, avec une croissance du PIB de 2,5 %. L’économie chinoise ralentira un peu, avec une croissance de 6,4 % en 2018.

Des taux d’intérêt plus élevés à l’horizon

Ce tableau positif n’empêchera pas le Canada d’être confronté à deux incertitudes.

La première provient du fait que la Réserve fédérale américaine relèvera probablement son taux d’intérêt directeur à trois reprises en 2018, pour l’établir à 2,25 % d’ici la fin de l’année prochaine, tandis que la Banque du Canada ne devrait augmenter son taux directeur qu’à deux reprises au cours des 18 prochains mois; celui-ci n’atteindra donc que 1,5 %. Cet écart signifie que le dollar canadien perdra certainement du terrain par rapport au billet vert. En revanche, un huard en baisse est une bonne nouvelle pour les exportateurs vers les États-Unis et pour l’industrie du tourisme au Canada.

Des taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis sont synonymes de coût d’emprunt plus élevé à l’échelle mondiale, ce qui aura un impact sur les entreprises canadiennes. Les hausses de taux prévues par la Banque du Canada contribueront également à augmenter les coûts d’emprunt.

L’ALENA et ses effets sur le huard

La seconde incertitude entoure la renégociation de l’ALENA. Les États-Unis représentant un marché de taille pour les exportateurs canadiens, puisque les deux tiers environ des exportations de biens et de services canadiens leur sont destinés. Si la renégociation de l’ALENA échoue, les tarifs douaniers retourneront probablement aux niveaux établis en vertu des règles de l’Organisation mondiale du commerce, lesquels en moyenne ne sont pas considérablement différents de ceux appliqués à la grande majorité de nos activités commerciales avec les États-Unis. Mais en raison de la relation plutôt inégalitaire entre les deux pays, autrement dit le Canada est plus fortement dépendant des échanges avec les États-Unis que ne le sont les États-Unis vis-à-vis du Canada, la dépréciation du huard par rapport au dollar pourrait atteindre 5 %. Bien sûr, cela pourrait aider à compenser la hausse des prix à l’exportation.

On s’attend à ce que le prix du baril de pétrole oscille entre 50 $ US et 65 $US au cours de l’année. L’augmentation de l’activité économique a été bénéfique sur les cours du pétrole. L’accord de réduction de l’approvisionnement en pétrole conclu entre les pays membres de l’OPEP et d’autres pays producteurs de pétrole, notamment la Russie, a diminué les stocks et contribué à stabiliser les prix. L’extension de cet accord à toute l’année 2018 entraînera une relative stabilité des prix l’an prochain. Cela permettra d’attirer plus d’investissements dans ce secteur et de stimuler ainsi la croissance de l’Ouest du Canada et du Canada atlantique.

Ce que cela signifie pour les entrepreneurs

L’économie mondiale est en pleine expansion, offrant d’incroyables occasions aux entrepreneurs canadiens de se positionner en vue de la croissance et de profiter de l’élan créé à l’échelle mondiale. Il y a des vents contraires, mais un dollar en baisse continuera d’être avantageux pour les exportateurs canadiens. Compte tenu des taux d’intérêt encore bas, c’est le temps pour les propriétaires d’entreprise de faire les investissements qui leur permettront de croître, d’être plus productifs et plus concurrentiels.

Perspectives Canada

La croissance de l’économie canadienne a ralenti

La croissance économique du Canada a ralenti pour atteindre le rythme annualisé de 1,7 % au troisième trimestre, c’est-à-dire en deçà des remarquables taux de croissance trimestriels annualisés de 3,7 % et 4,3 % (révisés à la baisse de 0,2 %) enregistrés aux premier et deuxième trimestres de cette année. Les ménages ont continué de dépenser, et leur taux d’épargne a diminué pour atteindre 2,6 %, alors que les frais de service de la dette augmentent. Les entreprises ont investi dans la machinerie et l’équipement, les constructions non résidentielles, la propriété intellectuelle et les stocks. Les exportations ont toutefois reculé au troisième trimestre, essentiellement à cause de la baisse de la vente de véhicules aux États-Unis, ce qui a freiné la croissance. Alors que la croissance était nulle en juillet et négative en août, elle a été positive en septembre, à 0,2 %. C’est le secteur des biens, et plus particulièrement le secteur de l’extraction minière et en carrière, qui a mené cette croissance.

Les prix à la consommation poursuivent leur lente montée

Les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 %, en octobre, comparativement au même mois l’an dernier. Cette hausse est essentiellement attribuable à l’augmentation des coûts du transport et des soins de santé. Les trois mesures de l’IPC fondamental de la Banque du Canada ont également démontré une hausse de l’inflation ce mois-ci, pour une moyenne de 1,6 %. Une tendance à la hausse exercera des pressions sur la Banque du Canada, lui faisant envisager une augmentation de son taux directeur au cours des prochains mois.

Au Canada, près de 80 000 emplois ont été créés en novembre

Au mois de novembre, quelque 79 500 emplois ont été créés (hausse de 0,4 %), ce qui porte le total pour l’année à 343 000 nouveaux emplois, qui sont tous des postes à temps plein. Le taux de chômage a chuté pour s’établir à 5,9 %, son plus bas niveau depuis février 2008. Les plus fortes créations d’emplois ont été enregistrées en Colombie-Britannique, au Québec, en Ontario, en Alberta, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. Par contre, l’emploi total a diminué pour le mois et depuis le début de l’année à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan. Entre-temps, le Manitoba a créé 12 400 emplois depuis le début de l’année, mais le nombre de nouveaux emplois a reculé en novembre.

Les bénéfices des sociétés sont en hausse

La plupart des entreprises et des banques enregistrent une hausse de leurs bénéfices cette année. Cela devrait se traduire par une augmentation des prêts et des investissements au cours de la prochaine année. Les bénéfices d’exploitation des banques et des autres institutions financières sont en hausse de 19 % sur 12 mois, principalement grâce à l’augmentation des produits d’intérêt (découlant des récentes hausses de taux appliquées par la Banque du Canada), alors que les bénéfices d’exploitation des entreprises non financières ont progressé de 16 % sur 12 mois. Les entreprises de fabrication de produits du pétrole et du charbon ont enregistré la plus forte croissance des bénéfices en raison de l’augmentation des prix du pétrole au cours de la dernière année, mais les secteurs de l’extraction du pétrole et du gaz et les activités de soutien n’ont pas encore réalisé de bénéfices. Les marges bénéficiaires ont grimpé dans la plupart des autres secteurs au cours de la dernière année.

Perspectives États-Unis

L’économie américaine se révèle plus robuste que prévu

L’amélioration de l’économie américaine en a surpris plus d’un, et l’estimation de la croissance annualisée a été révisée à la hausse pour le troisième trimestre, passant ainsi de 3,1 % à 3,3 %. Cette accélération de la croissance est attribuable à l’augmentation des dépenses des ménages, des investissements des entreprises et des exportations.

L’inflation américaine repart à la hausse

Comme l’inflation a atteint 2,05 % en octobre et que la mesure préférée de la Réserve fédérale a amorcé une reprise au cours des derniers mois, il est fort probable que le taux des fonds fédéraux augmente de 25 points de base en décembre. À l’heure actuelle, le taux des fonds fédéraux s’établit à 1,25 %.

La confiance des consommateurs américains continue de monter en flèche

Les consommateurs américains se montrent très optimistes à l’égard des conditions actuelles et de l’avenir. Le resserrement du marché du travail et les sommets atteints par le marché boursier constituent deux facteurs qui incitent les consommateurs à continuer de dépenser, ce qui laisse présager que l’activité économique demeurera robuste.

Point sur le marché du pétrole

Les prix du pétrole devraient se maintenir entre 50 $ et 55 $ US le baril au cours des prochains mois. L’OPEP et la Russie ont annoncé qu’elles prolongeaient la réduction de la production jusqu’à la fin de 2018, ce qui devrait faciliter la gestion de l’offre excédentaire prévue dans la première partie de 2018.

Les prix du pétrole ont affiché une bonne tenue jusqu’à maintenant cette année

Les prix du pétrole ont fait un bon parcours dernièrement. Les catégories Brent et West Texas Intermediate ont enregistré une hausse de 10 % à 15 % depuis le début de l’année. À la fin de novembre, le Brent se négociait à environ 63 $ US le baril, et le WTI, à 58 $ US le baril. L’écart entre les deux catégories se maintient autour de 5 $ US le baril, en partie à cause de l’offre relativement plus forte de WTI par rapport au Brent.

Intérêts contradictoires des fournisseurs

Les producteurs américains profitent des prix plus élevés pour rehausser leur production et atteindre le chiffre record de 9,6 millions de barils par jour à la fin de novembre. Cela démontre la résilience et la souplesse remarquables de la production des États-Unis, particulièrement à la suite des ouragans Harvey et Nate plus tôt cet automne.

Alors que la production américaine atteint de nouveaux sommets, les producteurs de l’OPEP et les autres pays producteurs de pétrole, dont la Russie, prolongent la diminution de leur production de 1,8 million de barils par jour jusqu’à la fin de 2018. Cette baisse de production devrait maintenir les prix du pétrole au-dessus de 50 $ US le baril, bien que l’OPEP et les autres pays aient besoin que les prix du Brent se situent plus près de 65 $ US le baril, estimation de IHS Markit, pour que leurs gouvernements atteignent l’équilibre budgétaire.

La demande pourrait ralentir

Les prix du pétrole ne devraient pas se maintenir à leur niveau actuel, notamment parce que des prix élevés se traduisent par un ralentissement de la demande. Dans son rapport de novembre, l’Agence internationale de l’énergie laisse entendre qu’une augmentation des prix ainsi qu’un climat plus doux que la normale plomberont la demande. L’Agence prévoit que l’offre dépassera la demande au cours du présent trimestre ainsi qu’au premier trimestre de 2018.

Résultat

Si les prix ont progressé et qu’ils sont soutenus par le prolongement de l’accord entre les pays producteurs de pétrole, la hausse de la production, notamment aux États-Unis, et le ralentissement potentiel de la croissance de la demande font en sorte que les prix devraient se maintenir dans une fourchette entre 50 $ et 55 $ US le baril au cours des prochains mois plutôt que de continuer d’augmenter.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,00 %, à sa réunion de décembre

Bien que l’économie poursuive sa croissance, elle a ralenti la cadence au troisième trimestre. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur stable, à 1,00 %, le 6 décembre dernier. La Banque a fait remarquer que la croissance a ralenti tout en demeurant supérieure à celle de la production potentielle dans la deuxième partie de l’année, conformément aux attentes, et que l’inflation fondamentale augmente peu à peu sous l’effet de la résorption des capacités excédentaires au sein du marché du travail. La Banque prévoit une croissance de 3,1 % en 2017, de 2,1 % en 2018, et de 1,5 % en 2019.

Le dollar canadien a été relativement stable au cours des derniers mois

Le dollar canadien a clôturé le mois de novembre à 78,52 cents américains, en hausse par rapport à 77,56 cents américains à la fin d’octobre. La solide croissance économique du Canada a propulsé le huard plus haut cette année par rapport au billet vert. Cependant, la robuste croissance des États-Unis et la hausse des taux que devrait annoncer la Réserve fédérale américaine en décembre exerceront des pressions à la baisse sur le huard.

La confiance des PME a augmenté en novembre

L’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a légèrement remonté en octobre, passant de 57,2 à 59,3. L’optimisme s’est accru en Ontario, en Alberta, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve, alors qu’il a quelque peu diminué au Québec, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et au Manitoba (bien qu’il soit encore nettement en territoire positif). Cependant, le niveau d’optimisme est plutôt bas au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan. Les ressources naturelles, la finance et l’immobilier ainsi que les services professionnels sont les secteurs affichant le niveau le plus élevé d’optimisme. Plus de 50 % des entreprises envisagent d’augmenter leurs dépenses en immobilisations l’an prochain, que ce soit dans le matériel de bureau, les véhicules ou les immeubles, et le tiers des entreprises planifient d’investir dans les technologies de l’information et des communications. Les petites et moyennes entreprises subissent des pressions sur les coûts, particulièrement en raison de la hausse des prix de l’énergie et des coûts de la technologie. De plus, la main-d’œuvre qualifiée demeure difficile à trouver, plus de 40 % des entreprises faisant état d’une pénurie, ce qui freine leur capacité à augmenter leur chiffre d’affaires et leur production.

Les conditions du crédit demeurent stables

Les conditions du crédit demeurent favorables aux entreprises. Le taux d’intérêt effectif pour les entreprises a augmenté de 25 points de base depuis le début de juillet, ce qui signifie que les banques commerciales n’ont pas répercuté la totalité de la hausse de 50 points de base appliquée par la Banque du Canada.

Indicateurs clés: Canada

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