Comment peut-on encourager un chef d'entreprise à passer la main et à nommer un successeur qui permettra d’assurer la relève de l'organisation?
Il est toujours difficile de convaincre un propriétaire, qui répugne à l'idée de devoir quitter un jour son entreprise, qu'il a intérêt à planifier sa relève. Il faut comprendre que beaucoup de choses le rattachent à l'entreprise qu'il a créée à partir de rien ou gérée pendant de nombreuses années. Sur le plan émotif, il fait face à un vide pareil à celui que ressentent les parents dont les enfants ont quitté définitivement le nid familial.
Par ailleurs, la plupart des chefs d'entreprise sont des battants. Ils ont risqué leur argent personnel et la sécurité financière future de leur famille pour réussir en ne comptant que sur eux-mêmes, et ils ont souvent le sentiment que l'entreprise ne pourra pas survivre sans eux. Les émotions, les craintes et les inquiétudes liées au quotidien viennent également compliquer la planification.
En règle générale, la meilleure façon d'«encourager» le propriétaire d'une entreprise à amorcer la planification de sa relève consiste à aborder avec lui la question de sa mortalité au moyen de questions du genre: «Personne n'est à l'abri d'une tragédie. La mort et la retraite sont inéluctables. Qu'arrivera-t-il à votre entreprise lorsque vous ne serez plus là pour la diriger?» Ce genre de question débouche souvent sur des réflexions plus profondes, notamment l'identité de la personne qui succédera au chef de la direction.
Ces questions doivent être posées au bon moment, par exemple à l'occasion de discussions générales portant sur la gestion ou d'une réunion de planification d'entreprise ou d'élaboration d'un énoncé de mission. Ce sont là des moments propices à une réflexion en profondeur. Ces questions ne sont pas vraiment de mise lorsque le dirigeant a des problèmes urgents à régler.
Il faut aussi trouver la bonne personne pour les poser. La plupart des propriétaires d'entreprise n'écoutent pas n'importe qui. Leur interlocuteur doit être une personne qu'ils respectent et en qui ils ont confiance. Faute de trouver une telle personne dans leur entourage (bras droit, employé ou membre de la famille), un comptable, un autre conseiller financier, un avocat, un consultant ou un membre du conseil d'administration pourra poser les questions.