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La technologie: un moteur de croissance

Larry Cox, Polaris Transportation Group

Ce n’était pas le pire problème que puisse connaître un propriétaire. L’entreprise de transport routier de Larry Cox connaissait une croissance tellement colossale que ses ordinateurs n’étaient tout simplement plus adéquats.

Polaris Transportation Group était passé de trois à 40 camions en à peine dix ans. Et son fatras de vieux PC inefficaces constituait désormais un véritable frein à sa croissance.

«Nos systèmes informatiques n’étaient plus en mesure de traiter notre volume de ventes», raconte M. Cox.

C’est alors qu’il a décidé de faire appel à un consultant externe. À 15 000 $, la facture était salée, et M. Cox n’était même pas certain que la dépense était justifiée. Il avait peine à croire en effet qu’il payait quelqu’un simplement pour connaître son opinion. «Il s’agissait d’une sacrée somme, se souvient-il. J’aurais pu m’acheter la moitié d’une remorque avec ça.»

Pourtant, cette décision prise en 2004 a tout changé pour M. Cox et son entreprise Polaris, établie à Mississauga (Ontario). Au-delà de l’amélioration du réseau informatique, c’est toute la stratégie d’affaires de l’organisation qui s’est trouvée bouleversée, grâce à l’automatisation du traitement de certaines commandes, la réduction des coûts et le suivi en temps réel des livraisons aux clients.

L’investissement technologique effectué par Polaris lui a permis de tripler ses ventes pour atteindre 40 millions de dollars. La hausse des revenus a été vertigineuse: 28 pour cent en 2009-2010 seulement. L’entreprise compte désormais un parc de 100 camions.

«La technologie m’inspirait autrefois crainte et angoisse, mais je me rends compte aujourd’hui de son caractère profondément positif. Lorsque vous voyez les résultats, votre perspective ne peut que changer. Sans cet investissement, en effet, nous n’aurions jamais connu une telle croissance.»

Cette réussite est cependant loin d’être habituelle lors d’investissements dans les technologies de l'information et des communications (TIC). Quand une PME cherche à améliorer sa technologie, la tendance est plutôt aux histoires d’horreur, décrivant des achats coûteux qui tournent mal.

Par exemple, environ 75% des achats de logiciels de planification de ressources d'entreprise —un projet fréquent—ne donnent pas lieu à un rendement positif pour les PME, d’après Rick Shaw, consultant chez BDC, et conseiller de Polaris. Un système sur trois n’en arrive même pas à la phase de lancement.

«Les entreprises achètent souvent le mauvais système au mauvais fournisseur pour les mauvaises raisons», explique M. Shaw.

Les achats de TIC peuvent dérailler pour diverses raisons:

  • Ils sont souvent effectués dans un contexte d’urgence, et non dans le cadre d’un plan stratégique.
  • Ils sont fréquemment confiés à des employés ou conseillers externes ne disposant d’aucune expertise en matière de TIC. 
  • Aucune recherche de fournisseurs alternatifs n’est effectuée.
  • Les entrepreneurs tendent à voir les TIC comme un centre de coûts plutôt que comme un outil stratégique.

     

Une entreprise qui a été échaudée une fois hésitera généralement à procéder aux autres investissements qui s’imposent, et sera donc privée de la technologie dont elle a besoin pour être compétitive.

Les enjeux sont importants aussi bien pour les entreprises elles-mêmes que pour l’économie en général. Les sociétés canadiennes connaissent désormais des niveaux de productivité et d’innovation inférieurs à ceux de nos partenaires clés dans le monde. Or, la faiblesse des investissements dans les TIC est en partie responsable de cette situation.

Entrepreneurs réticents
M. Cox comprend les réticences éprouvées par les entrepreneurs à investir dans les TIC.

«Les gens d’affaires n’aiment pas dépenser de l’argent pour quelque chose qu’ils connaissent mal. Investir dans un nouveau modèle de camion ou de remorque ne me pose aucun problème. Mais la valeur de la technologie, que je ne peux pas ni sentir ni toucher, est plus difficile à évaluer.»

Avec un peu de planification, un achat de TIC peut toutefois faire bien plus que combler les besoins de base d'une entreprise. L’investissement peut rapporter gros en permettant d’améliorer la compétitivité, d’accroître les profits et de réduire le niveau de stress des employés.

Chez Polaris, Larry Cox affirme avoir adopté une approche semblable avec succès depuis la première consultation sur les TIC il ya six ans. Polaris procède actuellement à une autre mise à jour importante de ses TIC qui mènera à un meilleur suivi en temps réel de ses livraisons, ainsi qu’à une automatisation complète du traitement des commandes, incluant le codage des chargements.

Le défi est de taille. Polaris doit intégrer des données sur les livraisons venant de ses 16 partenaires de transport (13 aux États-Unis et trois au Canada). Chacune de ces entreprises utilise une technologie différente.

Cette fois, M. Cox n’a pas hésité à faire appel à une aide extérieure. Il a recruté M. Shaw pour obtenir des conseils de gestion stratégique, dans le cadre d’un mandat de BDC. M. Shaw a rapidement compris que la hausse vertigineuse des ventes de Polaris avait à nouveau pris de vitesse le système informatique désuet.

M. Shaw a d’abord procédé à une évaluation des activités de Polaris, afin de découvrir les points positifs et négatifs et de repérer les possibilités de rationalisation. «Les gens croient qu’ils résoudront tous leurs problèmes en achetant une nouvelle technologie. Mais il faut disposer de processus manuels adéquats avant de chercher à les automatiser.»

M. Shaw a ensuite mis en contact M. Cox avec une entreprise de TIC de Toronto, spécialisée dans les solutions sans fil, et notamment les codes à barres. Celle-ci a proposé un équipement informatique et logiciel pour résoudre le problème de Polaris lié au traitement des commandes—rentabilisable en à peine 15 mois.

Si tout se déroule comme prévu, les ventes devraient doubler d’ici quatre ans, pour atteindre 100 millions de dollars par an.

«Nous ne pourrons pas survivre si nous ne le faisons pas. Cela va énormément stimuler notre capacité de transport.»

 

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