
Le monde est une scène pour Scène Éthique, une entreprise québécoise qui conçoit et construit des scènes et des décors spécialisés pour des spectacles qui ont fait le tour de la planète.
L'entreprise a fabriqué plusieurs décors grandioses, mais faciles à monter, pour de grands noms comme Céline Dion (notamment pour la tournée mondiale Taking Chances 2008) et le Cirque du Soleil (dont certains éléments du spectacle Love inspiré de l'héritage musical des Beatles, à Las Vegas). Récemment, elle a construit un bassin d'eau de 68 000 litres installé dans une fosse d'orchestre pour un spectacle de La Compagnie d'opéra canadienne.
On est loin de l'époque où les dirigeants de Scène Éthique, Hélène Demers et Martin Ouellet, étaient machinistes de plateau au théâtre et cumulaient les fonctions (assistant à la production, directeur technique, etc.).
Partenaires au travail et dans la vie personnelle, ils ont décidé de fonder une famille dans les années 1990 et ont conclu qu'ils ne pourraient pas exercer encore bien longtemps le métier de machiniste, qui est très exigeant physiquement. «Cela requiert beaucoup de force», dit Hélène Demers, directrice générale de Scène Éthique.
Comme par magie
Sur ces entrefaites est arrivé un illusionniste français qui cherchait quelqu'un pour concevoir et réaliser des illusions très élaborées pour un spectacle qu'il voulait présenter au Canada. Il a fait appel à Martin Ouellet, qui a reçu une formation à l'École nationale de théâtre du Canada et est très ferré en mécanique.
Même si le spectacle de magie n'a pas eu un succès retentissant, il a servi de tremplin à Scène Éthique, qui a acheté sa première machine à souder en 1995 et a commencé à exercer ses activités à partir d'un petit atelier situé à Montréal. M. Ouellet, qui est président de l'entreprise, s'est concentré dès le départ sur les aspects mécaniques. Mme Demers, elle, assure la gestion.
Les affaires ont véritablement décollé pour Scène Éthique après qu'on lui a confié la construction d'une scène en forme de cœur pour la tournée mondiale Let's Talk About Love 1998 de Céline Dion. «Cela a confirmé que nous sommes dignes de confiance», dit Mme Demers.
Scène Éthique bénéficie du soutien financier de BDC depuis 2002, année où elle a acheté à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, le terrain sur lequel s'élèvent les installations qu'elle occupe depuis 2004.
Un calendrier de production complet
Le chiffre d'affaires annuel de l'entreprise se situe entre 6 millions et 8 millions de dollars, et son calendrier de production est complet jusqu'en janvier 2011, avec des projets comme L'Anneau de Wagner, un cycle de quatre opéras qui sera présenté pendant plusieurs années par le Metropolitan Opera de New York.
Scène Éthique a présentement 45 employés, et Mme Demers tient à concilier la croissance de l'entreprise avec une vie personnelle de qualité. «Nous avons quatre enfants. Lorsque nous quittons le travail, nous voulons avoir l'esprit tranquille.»
Même si elle a une clientèle célèbre, Scène Éthique préfère œuvrer en coulisse et laisser ses clients récolter tous les éloges. «Lorsque notre travail est bien fait, l'aspect mécanique passe inaperçu. Nous sommes heureux quand les gens trouvent qu'un spectacle est génial. Il n'est pas nécessaire qu'ils nous connaissent», dit Mme Demers.
Enseignements à tirer: Sachez vendre votre vision de l'entreprise
Les entrepreneurs doivent être capables de vendre leur vision à ceux qui les soutiennent financièrement, estime Hélène Demers de Scène Éthique. C'est le meilleur moyen d'amener les banques à ne pas voir votre entreprise uniquement comme une série de chiffres alignés sur du papier.
Une entreprise repose sur l'expertise et le capital humain - deux facteurs qui ne peuvent figurer nulle part dans des états financiers, souligne-t-elle.
«Si quelqu'un est prêt à prendre un risque pour vous permettre de concrétiser votre vision et si ce quelqu'un croit suffisamment en vous pour dire "Je suis d'accord pour financer cette entreprise", vous pouvez réaliser votre rêve.»
Pour en arriver là, un entrepreneur doit avoir foi en lui-même et en son entreprise. L'étape suivante consiste à renforcer ses relations avec sa banque.
Si vous êtes assez chanceux pour trouver un directeur de comptes qui s'intéresse de près à votre entreprise - qui pose des questions, observe et participe - alors l'affaire est dans le sac, dit Hélène Demers. «J'ai de la chance, car c'est exactement ce que fait mon directeur de comptes de BDC. Nous avons quelqu'un sur qui nous appuyer. C'est l'élément clé du partenariat.»
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