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Des experts révèlent les secrets de la gestion d’une entreprise rentable à forte croissance

Des experts révèlent les secrets de la gestion d’une entreprise rentable à forte croissance

Faire croître une petite entreprise présente autant d’occasions que de défis. La perspective de devenir un leader de son industrie est alléchante, mais il faut tenir compte du risque que la demande excède la capacité de production. Pour éviter ces écueils, vous devez avoir un plan stratégique qui repose sur un financement adéquat, sur des employés responsabilisés et sur des ressources appropriées en matière de technologies de l’information et des communications.

Comment expliquer qu’une entreprise qui, il y a à peine huit ans, employait trois personnes dans un appartement glacial, est en mesure aujourd’hui d’enflammer le marché des développeurs de jeux pour des géants médiatiques tels que Warner, Electronic Arts, Build-A-Bear Workshop et Nickelodeon?

Une telle ascension semble à première vue un cadeau du ciel, mais elle a le potentiel d’être fatale à une entreprise qui ne s’est pas préparée comme il se doit.

«Contrairement à de nombreuses petites entreprises, affirme Steve Couture, l’entrepreneur à l’origine de la magie de Frima Studio, nous avons su gérer notre croissance. Il s’agissait de mêler équilibre et passion pour les trois éléments suivants: un style artistique créatif, une base technologique solide et une bonne gestion.»

Un sondage mené en 2010 par la Banque de développement du Canada (BDC) a révélé que 78 pour cent des entrepreneurs estiment qu'il est important de faire croître leur entreprise et que près de la moitié d’entre eux visent une hausse des revenus d’au moins 10 pour cent.

Une croissance rapide est cependant un couteau à double tranchant. Les possibilités d’expansion et de hausse des profits ne servent à rien si la demande dépasse les capacités, car cela donne lieu à des employés mécontents, des relations avec les clients tendues et des produits ou services de moindre qualité. Il est donc primordial pour les petites entreprises de prendre le temps d’assurer la solidité de leurs bases.

«Votre entreprise pourrait ne pas se relever d’une croissance trop rapide et mal gérée, explique Patrice Bernard, premier vice-président exécutif, Financement et consultation, à la BDC. Il vous faut donc définir vos objectifs de croissance, puis déterminer à quel point vous pouvez vous permettre de croître, ainsi que le financement nécessaire pour y parvenir.»

La première étape, note-t-il, consiste à élaborer une stratégie bien pensée qui établit les ressources humaines, les processus, les outils et les systèmes informatiques dont vous avez besoin pour atteindre vos cibles. Vous devrez sûrement mettre en place de nouvelles technologies de l'information et des communications pour accroître votre chiffre d'affaires, votre productivité et votre contrôle financier, et aussi agrandir vos installations, acheter d'autres machines ou embaucher de nouveaux employés.

Un des principaux défis de Frima a été d’attirer et de conserver des personnes très qualifiées alors que ses concurrents sont des multinationales aux budgets bien plus imposants. Frima s’est toutefois constitué un créneau en créant un milieu de travail positif pour ses 300 employés.

M. Couture, lauréat du Prix aux jeunes entrepreneurs de BDC, énumère quelques avantages offerts par son entreprise: «Horaires de travail souples, fruits frais chaque jour, massages, cartes de transport en commun, covoiturage. Nous avons également adopté un système de points accordés selon le rendement, que les employés peuvent échanger contre divers services: tonte de gazon, changement des pneus d’hiver, préparation de déclarations de revenus et même garde d’enfants.»

La gestion de la croissance dépend également de la mise en place de systèmes informatiques adéquats. Chaque année, les entreprises les mieux gérées au Canada (programme annuel parrainé par Deloitte) confirment que les investissements dans les technologies de l’information et des communications sont essentiels à leur croissance.

«La stratégie de croissance la moins risquée repose sur les faits plutôt que sur les intuitions et les spéculations, affirme Peter Brown, associé directeur, Services aux entreprises privées, Deloitte. Votre meilleure source d'information se trouve souvent dans la base de données de votre entreprise. Vous aurez peut-être à investir dans l’amélioration de ces systèmes, mais la hausse de la productivité et des connaissances qui en résultera contribuera à assurer la réussite de votre entreprise.»

Il est essentiel d’effectuer ces investissements en temps voulu. Frima, par exemple, a demandé à une entreprise externe de s’occuper de son financement afin de réaliser des économies, jusqu’à l’embauche d’un directeur financier à plein temps.

«Vous saurez qu’il est temps d’embaucher des cadres intermédiaires ou de bâtir un nouvel établissement une fois que vous aurez atteint et dépassé votre capacité de prestation de services, déclare M. Bernard. Il faut cependant être bien certain que les fonds vont rentrer avant d’appuyer sur l’accélérateur. Une fois que vous avez des contrats à honorer, vous ne devriez pas éprouver de difficultés à trouver un prêteur pour vous financer directement.»

La réussite d’une stratégie de croissance passe en partie par une structure de gestion souple qui permet à l’entreprise de répondre rapidement aux demandes du marché. Le pire scénario, d’après M. Couture, est de voir votre agilité crouler sous les différentes couches de bureaucratie. Or la structure de Frima permet à ses employés de se répartir en petits groupes axés sur différents segments du marché, tels que les jeux multi-joueurs en ligne mobiles ou à grande échelle.

Frima est donc partie de ces origines modestes, pour devenir l’un des principaux développeurs de jeux vidéos indépendants au Canada, travaillant sur des marques phares d’Hollywood, comme Harry Potter et Bob l’éponge, ainsi que sur ses propres créations. L’entreprise a connu une croissance de près de 3 000 pour cent entre 2005 et 2009, et espère doubler encore sa taille au cours des deux prochaines années.

M. Couture admet qu’il a également évolué en tant qu’entrepreneur. Il a appris à ses dépens qu’un propriétaire d’entreprise ne peut espérer s’occuper de tout lui-même. Son conseil ? Faire de la gestion d’entreprise sa passion numéro un.

«Je me suis d’abord passionné pour la programmation, se souvient-il. Mais je suis désormais bien plus intéressé par des domaines tels que les ressources humaines, la comptabilité et les projections de croissance. Je suis un fervent entrepreneur et j’adore ça.»

  

 
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